Le conseil d’administration de l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne a voté lundi 1er décembre une augmentation des frais d’inscription pour certains étudiants étrangers extra-communautaires. La mesure, adoptée par 18 voix pour, 15 contre et trois abstentions, entrera en vigueur à la rentrée 2026. Elle concerne notamment les étudiants algériens.
Les étudiants algériens, comme d’autres étudiants issus de pays hors Union européenne et non inclus dans la liste des 44 pays désignés par l’Organisation des Nations unies comme les "moins avancés", verront leurs frais d’inscription augmenter considérablement.
À partir de 2026, l’inscription en licence coûtera 2 900 euros contre 180 euros actuellement. Pour un master, le tarif passera à près de 4 000 euros, contre 250 euros aujourd’hui. Ces changements concernent un millier d’étudiants étrangers dans l’université, dont une part importante d’étudiants algériens.
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Les étudiants provenant de pays inclus dans la liste de l’ONU, comme le Sénégal, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et Madagascar, continueront de bénéficier des mêmes tarifs que les étudiants français. Les ressortissants de l’Union européenne et les étudiants en exil sont également exclus de cette hausse.
Justifications de l’université et réactions
L’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne justifie cette augmentation par la dégradation de sa situation financière. L’établissement indique que "l’université subit depuis plusieurs années les effets de décisions prises par l’État, pour certaines nécessaires dans l’intérêt des agents de l’établissement, mais qui n’ont été que partiellement ou pas compensées financièrement par l’État". L’université doit réaliser un plan d’économies de 13 millions d’euros d’ici à la fin de l’année.
Marie-Emmanuelle Pommerolle, enseignante-chercheuse en sciences politiques à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, a déclaré : "Notre université a stoppé 90 % de ses investissements dans la documentation, nous n’achetons plus de livres." Elle estime que faire payer davantage les étudiants extra-communautaires n’est pas la solution et considère que cette différenciation selon l’origine est inacceptable.
Plusieurs enseignants et étudiants ont adressé une lettre ouverte à Christine Neau-Leduc, présidente de l’université, pour contester la mesure. Ils mettent en avant les difficultés économiques et administratives que certains étudiants étrangers, y compris les étudiants algériens, peuvent rencontrer. La suppression prévue des aides personnelles au logement pour les étudiants extracommunautaires non boursiers pourrait aggraver la situation.
Possibilité de revenir sur cette décision
La possibilité de différencier les frais d’inscription a été ouverte par la stratégie "Bienvenue en France", mise en place en 2019 par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Certaines universités françaises ont adopté cette mesure, tandis que Paris-1 Panthéon-Sorbonne ne l’avait pas mise en œuvre jusqu’à présent. France Universités, organisme regroupant les dirigeants des universités françaises, avait exprimé des réserves sur l’instauration de frais différenciés.
L’université Panthéon-Sorbonne accueille 45 000 étudiants chaque année et précise que la hausse des frais concernera seulement une partie de ses étudiants étrangers. L’établissement indique qu’il espère revenir sur cette décision lorsque sa situation budgétaire sera stabilisée.
