Réseaux de gaz en Afrique : l'Algérie prend la tête

Le développement des infrastructures gazières en Afrique présente des écarts marqués entre le nord et le sud du continent. Un récent rapport international confirme la domination de deux pays en matière d'étendue et de pénétration des réseaux de gazoducs. Ces données illustrent les disparités d'accès à cette source d'énergie à l'échelle africaine.

Les chiffres du rapport de l'Union internationale du gaz, publié récemment, placent l'Algérie et l'Égypte en tête des pays africains pour la longueur de leurs réseaux de transport et de distribution de gaz naturel. Ces investissements précoces et soutenus ont permis le raccordement de dizaines de millions d'habitants. Les entreprises nationales, Sonelgaz en Algérie et GASCO en Égypte, ont été les principaux maîtres d'œuvre de ce déploiement.

La pénétration du gaz dans les foyers atteint des niveaux significatifs dans ces deux nations. En Égypte, environ 15,5 millions de foyers, représentant près de 62 millions de personnes, sont connectés au réseau. En Algérie, près de 8,1 millions de ménages sont raccordés. À titre de comparaison, la Tunisie compte environ un million de foyers desservis, selon les données de 2025.

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L'Algérie, leader continental des infrastructures gazières

L'Algérie se distingue comme le pays africain doté du réseau de gazoducs le plus étendu. Le territoire dispose de 24 700 kilomètres de canalisations de transport longue distance. Son réseau de distribution, qui dessert les utilisateurs finaux en milieu urbain, atteint environ 170 700 kilomètres. Cette infrastructure soutient une économie où le gaz occupe une place centrale.

La capacité de production du pays correspond à l'ampleur de son réseau. Premier producteur de gaz en Afrique et neuvième au niveau mondial, l'Algérie détient des réserves conventionnelles supérieures à 4 500 milliards de mètres cubes. Sa production de gaz naturel a dépassé 95 milliards de m³ en 2024, pour une consommation intérieure de 50,5 milliards de m³ la même année. Ce réseau permet également d'alimenter des industries à forte intensité énergétique.

L'Égypte et les autres marchés nord-africains

L'Égypte constitue le deuxième marché gazier d'Afrique en termes d'infrastructures. Son réseau de transport s'étend sur 8 300 kilomètres, tandis que son réseau de distribution couvre 95 700 kilomètres à travers le pays. Ces installations alimentent à la fois la demande résidentielle et industrielle, ayant facilité la transition du gaz de pétrole liquéfié (GPL) vers le gaz de réseau pour de nombreux usages.

La production locale de gaz en Égypte s'est établie à 47,5 milliards de m³, pour une consommation de 60 milliards de m³ en 2024, selon les données de l'Institut britannique de l'énergie. Comme en Algérie, le réseau dessert des secteurs industriels majeurs tels que la sidérurgie, la cimenterie et les matériaux de construction. La Tunisie possède pour sa part un réseau de 3 000 km pour le transport et de 17 500 km pour la distribution.

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Le retard de l'Afrique subsaharienne

La situation contraste fortement en Afrique subsaharienne, où le développement des réseaux de gazoducs reste limité. Une grande partie des ménages et des industries de la région ne sont pas connectés au gaz naturel. Environ un milliard de personnes dépendraient de sources de cuisson polluantes, et 600 millions d'habitants n'ont pas accès à l'électricité.

Certains pays de la région enregistrent toutefois des progrès. Le Nigeria est le marché le plus avancé en Afrique subsaharienne, avec environ 2 000 kilomètres de gazoducs de transport et 516 kilomètres de réseau de distribution. Des projets y sont conduits via des partenariats public-privé, comme ceux impliquant la Nigerian Gas Marketing Company Limited (NGML) et Shell. D'autres États, tels que le Ghana (504 km de transport), le Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud (934 km de transport), la Tanzanie (793 km) et le Mozambique (531 km), développent également leurs infrastructures.


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