Visa France : les chiffres confirment un taux de refus disproportionné pour les Algériens

Le gouvernement français a officiellement détaillé sa politique de délivrance de visas à destination des citoyens algériens, révélant un durcissement des procédures. Les statistiques communiquées montrent une diminution générale du nombre de titres accordés et un taux de rejet particulièrement élevé. Ces données font suite à une question parlementaire portant sur l'augmentation spécifique des visas étudiants.

Dans une réponse écrite datée du 2 décembre 2025, adressée à la députée Constance Le Grip et consultée par le journal Echorouk, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a défini son approche. Le gouvernement a déclaré que sa politique des visas à l’égard de l’Algérie reposait sur « une approche qui privilégie la rigueur et le contrôle ». Il affirme concilier un contrôle renforcé des flux migratoires et la promotion d’une « mobilité académique de haut niveau ».

Cette orientation se réclame, selon le texte, des instructions du président Emmanuel Macron. L’exécutif français indique qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une ligne directrice visant à associer une « attractivité sélective » à une « rigueur dans les exigences liées à l’immigration ». La réponse ministérielle établit ainsi un lien entre la politique des visas et les déclarations de l’Élysée, qui a appelé à une « approche plus stricte » envers l’Algérie, notamment sur les questions migratoires.

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Une diminution générale et un taux de refus important

Les chiffres officiels fournis par le Quai d’Orsay attestent d’une baisse nette des demandes et des délivrances. Pour les neuf premiers mois de l’année 2025, les demandes de visa déposées en Algérie ont diminué de 24 % par rapport à la même période en 2024. Parallèlement, le nombre de visas effectivement octroyés a baissé de 14,5 %.

Le taux de refus global pour les demandes algériennes atteint 31 % sur cette période. Le ministère compare ce chiffre à un taux de refus mondial qu’il estime à 16 %, soulignant que le premier est « près du double » du second. Cette différence est présentée dans la réponse comme le signe de la « rigueur » appliquée par les consulats français sur le territoire algérien.

Le cas particulier des visas étudiants

Contrairement à la tendance générale à la baisse, le nombre de visas de long séjour pour études a augmenté pour la rentrée universitaire 2025. Un total de 8 351 visas de ce type a été accordé, soit une hausse de plus de mille visas par rapport à l’année précédente, avec un taux d’acceptation avoisinant 87 % pour cette catégorie. L’Algérie figure ainsi parmi les principaux pays pourvoyeurs d’étudiants vers la France, une dynamique ascendante qui perdure depuis quatre ans.

Le gouvernement français justifie cette augmentation par une « sélectivité fondée sur des critères d’excellence ». Il précise que la priorité est donnée aux étudiants s’orientant vers des filières liées à la « réindustrialisation, l’innovation et la technologie » dans le cadre du programme « France 2030 ». Environ 60 % des étudiants algériens en France sont inscrits en sciences, médecine et santé. Malgré cette augmentation numérique, le taux de refus pour les demandes de visas étudiants demeure élevé, à 44 %, l’un des plus forts parmi toutes les catégories de visas.

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La question parlementaire à l’origine de ces révélations

Ces données ont été communiquées dans le cadre d’une réponse à une question écrite de la députée Constance Le Grip, enregistrée le 14 octobre 2025. La parlementaire s’interrogeait sur les raisons de l’augmentation des visas étudiants accordés aux Algériens, une dynamique qu’elle qualifiait de « contradictoire » avec la dégradation des relations bilatérales.

Elle faisait référence dans sa question à une lettre du président Macron datant d’août 2025, dans laquelle il insistait sur la nécessité d’une « approche plus stricte » envers l’Algérie et appelait à des « décisions supplémentaires » en matière migratoire. Constance Le Grip pointait l’absence, selon elle, de toute « conditionnalité claire » liant la coopération de l’Algérie sur les dossiers migratoires – comme les accords de réadmission de 1994 et 2013 – à la facilitation de l’octroi de visas. Elle demandait des clarifications sur la cohérence entre la ligne politique affichée et la pratique des consulats.


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