L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’apprête à accompagner l’Algérie dans le développement de son nucléaire civil. Ce soutien concerne plusieurs domaines, notamment la production électrique, le dessalement, les usages médicaux et l’agriculture. Il s’inscrit dans le cadre d’une coopération entre l’Algérie et l’AIEA visant à renforcer les usages pacifiques de l’énergie nucléaire.
Lundi, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, ont paraphé une déclaration conjointe. Ce document formalise l’intention de travailler ensemble sur différents projets dans le domaine du nucléaire civil.
La cérémonie de signature s’est déroulée en visioconférence, et Ahmed Attaf a déclaré qu’« un nouveau chapitre a été ouvert avec l’AIEA ». Il a précisé que ce chapitre inclut « l’étude globale sur les petits réacteurs modulaires, le dessalement de l’eau de mer ainsi que les applications transformantes dans le secteur agricole ».
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Le programme de coopération technique 2026-2027
Le ministre a également rappelé l’approbation, en novembre dernier, du programme de coopération technique 2026-2027 entre l’Algérie et l’AIEA. Ce programme porte sur le développement d’une capacité nationale de production de radioisotopes destinés au diagnostic et au traitement du cancer. Ahmed Attaf a indiqué que ce projet constitue une « priorité nationale d’envergure stratégique dans la lutte contre le cancer » en Algérie.
Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, a publié sur Twitter que la démarche commune vise à « développer davantage l’usage de la science et de la technologie nucléaires ». Il a précisé que « l’AIEA soutiendra le pays dans l’exploration de ses options en matière d’énergie nucléaire, y compris les petits réacteurs modulaires destinés à produire de l’électricité et à dessaler l’eau, ainsi que dans l’élargissement des techniques nucléaires appliquées à la gestion de l’eau ».
Cadre légal et applications du nucléaire civil en Algérie
Le nucléaire civil en Algérie est encadré par la loi n° 19-05 du 17 juillet 2019. Cette loi définit les usages possibles de l’énergie nucléaire dans le pays, incluant la production d’électricité, les usages médicaux, l’agriculture et la gestion de l’eau. Dans le domaine médical, il s’agit de la radiologie, de la radiothérapie et du diagnostic médical. Pour l’agriculture, la loi prévoit l’amélioration des cultures, le traitement des semences et la lutte contre les parasites. La gestion de l’eau couvre le dessalement ainsi que le suivi et le traitement des ressources hydriques.
Avant l’accord avec l’AIEA, l’Algérie s’était concentrée sur l’usage médical du nucléaire civil. Le pays a également engagé des projets expérimentaux dans l’énergie de fusion, les renouvelables, l’hydrogène vert et le développement de la filière nucléaire civile. La déclaration signée avec l’AIEA marque un élargissement des ambitions, incluant l’exploration des petits réacteurs modulaires pour la production d’électricité et le dessalement.
La coopération avec l’AIEA permettra à l’Algérie de développer un programme nucléaire civil plus diversifié. L’intégration de solutions telles que les petits réacteurs modulaires répond à des besoins en énergie et en eau. Ce partenariat est aligné sur les projets existants, qui incluent le gaz, les énergies renouvelables et les projets d’hydrogène, tout en renforçant les applications médicales et agricoles de l’énergie nucléaire.
