Une famille algérienne installée à Canteleu, près de Rouen, fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Pour renforcer leur ancrage local, le maire a célébré le parrainage républicain de leurs deux enfants. Cette cérémonie intervient dans un contexte d’incertitude quant à leur avenir en France.
Le samedi 6 décembre 2025, le maire de Canteleu (Seine-Maritime), Tom Delahaye, a célébré le parrainage républicain des deux enfants de la famille Ait Ali, Massinissa et Salem. La cérémonie s’est déroulée en présence des parrains et marraines désignés : Marceau Privat, ancien directeur de l’école Monet désormais à la retraite, et une mère d’élève.
Dans une entrevue à France 3 Normandie, Marceau Privat a détaillé le processus : "En juin, l’idée du parrainage avait été actée puis les vacances d’été sont passées par là. Nous nous sommes rendus ensuite en mairie pour relancer la procédure et tout s’est accéléré la semaine de la cérémonie car nous avons appris jeudi qu’elle aurait lieu samedi". Il a qualifié l’événement de "très officiel" et "très émouvant", précisant que "les parents étaient au bord des larmes".
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Une mobilisation contre la menace d’expulsion
La famille Ait Ali, de nationalité algérienne, est sous le coup d’une OQTF. Les parents et leurs deux enfants sont susceptibles d’être reconduits en Algérie, un pays dont les enfants, scolarisés en France, n’ont aucun souvenir. La famille est présentée comme étant intégrée à la vie locale de Canteleu.
Un mouvement de soutien s’est constitué autour de l’école des enfants et des parents d’élèves. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) et le syndicat FSU SNUipp accompagnent la famille depuis un an. Une pétition de soutien en ligne a recueilli plus de 1 500 signatures. Marceau Privat a indiqué : "Même si généralement quand il y a un parrainage ils regardent à deux fois avant d’expulser les gens. La préfecture sait qu’ils ont du soutien".
La décision des autorités et les recours engagés
En mai 2024, la préfecture de Seine-Maritime a motivé sa décision concernant la famille Ait Ali. Dans un communiqué, elle a expliqué que "le couple étant de nationalité algérienne, leur droit au séjour est régi exclusivement par l’accord franco-algérien de 1968 qui exclut l’admission exceptionnelle au séjour tel que prévue à l’article L. 435-1 du CESEDA". Elle a ajouté que les demandes avaient été instruites et qu’"un refus de séjour et une mesure d’éloignement ont été pris à leur encontre".
La cour d’appel de Douai a rejeté le recours formé par la famille. Les membres du RESF étudient désormais les autres voies de recours possibles, notamment auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.
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L’initiative du maire et la dimension politique
Le maire de Canteleu, Tom Delahaye, a justifié le calendrier rapide de la cérémonie : "en faisant le point avec mon équipe, j’ai vu qu’à cette date des élus pouvaient être présents. Et si on la faisait plus tard, on aurait été trop proches des élections municipales". Il a estimé avoir "joué sa dernière carte" avec ce parrainage, après l’envoi d’un courrier à la préfecture resté sans effet.
Il a souligné que ce parrainage était une initiative du Centre communal d’action sociale (CCAS) et a nié toute "récupération politique". Il a déclaré : "j’y vais parce que j’ai des convictions sociales et de gauche et j’assume cet engagement". De son côté, Marceau Privat a reconnu que "c’est une étape", tout en ajoutant que la suite relevait du champ politique.
La famille Ait Ali attend une issue favorable à son dossier, tandis que ses soutiens poursuivent leur mobilisation pour empêcher son expulsion vers l’Algérie.
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