France : 2 chauffeurs de taxi espagnols condamnés pour trafic de sans-papiers algériens

Deux chauffeurs de taxi espagnols viennent d'être reconnus coupables de trafic de sans-papiers entre l’Espagne et la France. Le tribunal de Perpignan les a condamnés, mardi 6 janvier 2026, à des peines de prison avec sursis pour avoir fait passer la frontière à des ressortissants algériens et tunisiens en situation irrégulière. Le prix du passage clandestin s'élevait à 400 euros par personne.

Les deux chauffeurs de taxi, âgés de 53 et 59 ans, ont été interpellés le même jour, le 13 août 2025, à quelques heures d'intervalle, au niveau de la frontière franco-espagnole. Le premier a été arrêté au Perthus, sur la départementale 900, et le second au péage du Boulou sur l'autoroute A9. Leurs véhicules circulaient en direction de la France.

Les services de police les ont interceptés alors qu'ils transportaient respectivement trois passagers tunisiens et quatre ressortissants algériens en situation irrégulière, comme le rapporte L'Indépendant. Le tribunal correctionnel de Perpignan les a reconnus coupables de trafic de clandestins. Le procureur a fondé son réquisitoire sur un faisceau d'indices convergents.

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Le mode opératoire du passage clandestin

L'enquête a révélé un mode opératoire similaire pour les deux courses. Les passagers ont tous été pris en charge à la gare routière de Barcelone, un lieu décrit par les autorités judiciaires comme un point de rendez-vous connu pour ce type de trafic. Un intermédiaire, de profil nord-africain selon les témoignages, abordait les personnes à la gare pour leur proposer un véhicule vers la France.

Une fois dirigés vers le taxi, les passagers négociaient le trajet. Le prix du passage était fixé à 400 euros par personne, payables d'avance. Les chauffeurs leur auraient conseillé de ne pas descendre à Perpignan, dans le sud de la France, mais de poursuivre jusqu'à la gare de Narbonne, en arguant que les contrôles y étaient moins fréquents.

Les déclarations à l'audience et la défense des prévenus

À la barre du tribunal de Perpignan, les deux prévenus ont clamé leur innocence. Le chauffeur de 53 ans, exerçant cette profession depuis trente ans, a affirmé avoir été trompé. Il a déclaré : "Comment j’aurais pu savoir ?", expliquant que ses passagers avaient évoqué une urgence familiale à Narbonne.

Le second chauffeur, âgé de 59 ans, s'est montré plus hésitant. Il a reconnu ne pas avoir demandé les papiers d'identité de ses clients. Leurs avocats ont soutenu cette ligne de défense. L'un d'eux, Maître Maxime Falchi, a plaidé : "On reproche à mon client de ne pas avoir fait de délit de faciès", estimant que ses clients n'avaient pas à exiger de justificatifs.

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La condamnation et les réactions après le verdict

Le tribunal a rendu son verdict mardi. Les deux chauffeurs ont été condamnés à une peine identique : un an d'emprisonnement avec sursis et cinq ans d'interdiction du territoire français. Cette peine signifie qu'ils ne pourront pas entrer en France pendant cette durée.

À l'issue de l'audience, l'un des condamnés a réagi au jugement. Il a déclaré : "J’ai été reconnu coupable, mais je ne me sens pas coupable. Je suis un travailleur, c'est tout". Il a ajouté qu'il déconseillerait désormais à tous ses collègues de traverser la frontière avec des passagers, quel que soit le motif invoqué.


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