Algérie : démantèlement d’un vaste réseau de trafic de voitures

Les autorités algériennes ont annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic de voitures opéré sur plusieurs régions du pays. L’enquête judiciaire et policière a révélé l’implication de dizaines de personnes, y compris des employés municipaux et des agents des douanes, dans un système organisé de falsification de documents. L’opération met en lumière un mode opératoire complexe qui a permis l’introduction et l’immatriculation de véhicules sans respecter les règles légales.

Les investigations ont montré que l’organisation criminelle était en lien avec des réseaux internationaux. Elle a bénéficié de la complicité d’employés de la commune de Bab El Oued à Alger, au niveau des services de l’état civil et des cartes grises. Ces derniers ont participé à la falsification de documents de base de citoyens n’ayant aucun lien avec les véhicules concernés, en utilisant des informations issues de listes publiques, comme celles affichées lors de demandes de cartes d’identité ou de retraits de permis de conduire.

Selon les enquêteurs, des fichiers ont été manipulés pour produire des cartes grises, des permis de conduire, des autorisations d’importation et des documents douaniers. Le système comprenait également des certificats de vente, des factures de concessionnaires agréés et des certificats de naissance. Les enquêteurs précisent que le réseau avait également recours aux déclarations de transit douanier (TPD) pour permettre à des véhicules de franchir les frontières sans paiement des droits requis.

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Étendue géographique et véhicules concernés

L’organisation opérait sur l’ensemble du territoire algérien, avec des ramifications dans les wilayas d’Alger, Boumerdès, Blida, Tipaza, Sétif, Guelma, Jijel, Oran, Tlemcen, Mostaganem, ainsi que dans les régions du Sud comme Oued Souf et Tamanrasset. Les agents de douane des ports et points de passage frontaliers étaient également impliqués.

Les véhicules concernés comprenaient 64 dossiers falsifiés, dont 37 voitures ont été récupérées par les autorités et 27 font l’objet de recherches. Parmi elles, 9 avaient été volées en Algérie, 5 étaient recherchées par Interpol pour des vols survenus en France entre 2016 et 2017, 15 étaient des véhicules importés illégalement, 7 présentaient une année de circulation falsifiée, et 18 véhicules ne respectaient pas les normes techniques, tandis que 19 étaient conformes aux spécifications techniques.

Méthodes de falsification et fraude administrative

Le réseau utilisait des méthodes précises pour falsifier les documents. Après avoir sélectionné l’identité à utiliser pour chaque véhicule, des employés municipaux généraient des dossiers complets à l’aide du registre informatique des certificats de naissance et autres documents civils. Les numéros de châssis étaient partiellement modifiés pour correspondre à la base centrale des cartes grises, tandis que les documents tels que certificats de vente, factures et autorisations étaient falsifiés par des complices venant notamment de la wilaya de Médéa.

Les enquêteurs ont également découvert que des cartes d’identité, des permis de conduire et des certificats de résidence avaient été utilisés pour créer des fichiers fictifs. Certaines empreintes ont été effacées à l’aide de colle pour éviter toute traçabilité. Au total, quatre employés municipaux ont été identifiés comme ayant manipulé les fichiers pour extraire ou falsifier 36 dossiers, 37 cartes grises et plusieurs documents associés, avec un accès illégal au système national des cartes grises.

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Poursuites judiciaires et calendrier de la procédure

Au total, 50 personnes sont poursuivies dans ce dossier, comprenant des membres du réseau, des employés municipaux et des agents des douanes. Ils sont accusés de constitution de groupe criminel, de trafic de véhicules étrangers, de participation à des vols, de falsification et d’usage de documents falsifiés, d’usurpation d’identité et d’exploitation abusive de fonctions publiques.

Les accusés comparaîtront devant la Cour criminelle d’Alger le jeudi 22 janvier 2026. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à 20 ans de prison, selon les chefs d’accusation établis par le code pénal, la loi sur la circulation routière et la réglementation douanière.


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