La Belgique durcit les règles de naturalisation et de regroupement familial

Le très attendu paquet de réformes migratoires en Belgique est entré en vigueur. Les candidats à la naturalisation et les demandeurs de regroupement familial sont désormais confrontés à des conditions plus strictes et à des coûts augmentés. Ces mesures, adoptées à l'été 2025, visent à encadrer plus sévèrement l'accès à la nationalité belge et à la réunification familiale.

À partir du 19 février 2026, les candidats à la naturalisation en Belgique doivent payer une taxe administrative de 1 000 €, contre 150 € auparavant, soit une augmentation de 560 %. Cette taxe sera automatiquement indexée chaque année en fonction de l’inflation.

Le ministère de l’Intérieur justifie cette augmentation par le coût réel du traitement des dossiers. Selon un communiqué officiel, « cette réforme vise à encourager les candidats à mieux préparer leur demande et à rationaliser le traitement administratif ». Les détracteurs, notamment certaines associations de défense des droits des migrants, estiment que cette mesure pourrait limiter l’accès à la citoyenneté pour les personnes à faibles revenus.

Immigration Sans-papiers en Belgique : voici le nombre d’Algériens expulsés en 2026

Nouvelles conditions pour le regroupement familial

La loi-programme adoptée à l’été 2025 a introduit les règles les plus strictes en matière de regroupement familial depuis vingt ans. Les parrains doivent désormais justifier d’un revenu stable équivalent à 120 % du salaire minimum belge et fournir une preuve de logement adéquat avant la délivrance des visas aux personnes à charge.

Les conjoints et partenaires doivent réussir un test d’intégration civique dans l’année suivant leur arrivée. À défaut, leur permis de séjour peut être retiré. De plus, les enfants de plus de 15 ans doivent s’inscrire dans une école belge dans les 60 jours suivant leur arrivée. Ces nouvelles règles s’appliquent dans tout le pays, notamment dans les grandes villes comme Bruxelles et Anvers.

Impacts sur les entreprises et les expatriés

Les entreprises internationales doivent intégrer cette hausse de taxe et ces nouvelles conditions dans leurs budgets de relocation ou de transfert permanent. Les actes de naissance des candidats ne doivent pas dater de plus de six mois au moment du dépôt du dossier, ce qui allonge les délais de traitement.

Les avocats spécialisés en immigration alertent sur le fait que les contrôles documentaires renforcés dépassent déjà les délais légaux de 12 mois. Pour les multinationales, ces mesures entraînent des coûts supplémentaires et des risques de non-conformité, notamment pour le personnel souhaitant faire venir sa famille. Certaines entreprises pourraient privilégier des affectations temporaires plutôt que des recrutements permanents sur le sol belge.

Immigration Consulat d’Algérie à Paris : voici comment renouveler votre passeport en ligne

Objectifs et critiques des réformes

Le gouvernement belge affirme que ces mesures sont nécessaires pour freiner la « migration en chaîne » et alléger la pression sur les services sociaux. Cependant, des ONG soulignent que le regroupement familial est en baisse depuis 2022 et dénoncent un risque de création d’un système à deux vitesses favorisant les candidats les plus aisés.

Avec les élections fédérales prévues en juin 2027, la question migratoire restera un sujet central dans le débat public. Les réformes de 2026 illustrent la volonté des autorités de renforcer les contrôles et de clarifier les conditions d’accès à la citoyenneté et au regroupement familial pour les résidents étrangers.


Vous aimez cet article ? Partagez !