OQTF : les expulsions d'Algériens ont repris

Après plus d’un an d’interruption, les expulsions d’Algériens visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ont repris, selon l’association Cimade. Cette évolution intervient dans un contexte de reprise du dialogue migratoire entre Paris et Alger. Plusieurs cas récents dans différents centres de rétention administrative illustrent ce changement.

Selon l'association de défense des droits des migrants (Cimade), deux ressortissants algériens retenus dans le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes ont été expulsés mercredi 25 mars 2026. L’information a été confirmée à l’AFP par la même source, qui précise que ces expulsions marquent une reprise après une période d’interruption de près d’un an.

La première personne expulsée était arrivée en France en 2024. Elle était retenue depuis environ deux mois au centre de rétention administrative avant son éloignement vers l’Algérie. La seconde personne, selon la Cimade, vivait en France depuis 40 ans. Il s’agit d’un père de trois enfants majeurs résidant en France et marié à une ressortissante française.

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Un laissez-passer consulaire délivré à Toulouse

À Toulouse, un autre ressortissant algérien placé en centre de rétention administrative a reçu un laissez-passer consulaire délivré par les autorités algériennes. Ce document est nécessaire pour procéder à une expulsion vers l’Algérie. Selon la Cimade, un vol vers l’Algérie était prévu dans les jours suivants.

Pour l’heure, le ministère français de l’Intérieur, contacté par l’AFP, n’a pas confirmé officiellement ces informations. Toutefois, plusieurs sources administratives évoquent un déblocage progressif des procédures de réadmission. Les dernières expulsions vers l’Algérie remontaient au début de l’année 2025, selon les données évoquées par l’association.

Une reprise du dialogue migratoire entre Paris et Alger

Cette reprise intervient après une période de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. La coopération en matière migratoire avait été réduite à partir de 2024, notamment après la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Dans un entretien accordé à l’AFP au début de la semaine, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué que la reprise d’un « dialogue exigeant » avec l’Algérie avait produit des « premiers résultats » sur les questions migratoires et sécuritaires. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait également évoqué la nécessité d’un apaisement entre les deux pays.

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Un cadre juridique spécifique pour les ressortissants algériens

Les ressortissants algériens relèvent d’un cadre particulier défini par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Ce texte fixe les conditions d’entrée, de séjour et de travail des Algériens en France. Plusieurs décisions d’OQTF ont été contestées devant les tribunaux ces derniers mois en raison de l’application de cet accord.

La Cimade appelle les autorités à un examen individualisé des situations et à davantage de transparence dans les procédures. De son côté, le gouvernement français affirme vouloir poursuivre les discussions avec Alger afin de faciliter la délivrance des laissez-passer consulaires. La reprise des expulsions intervient dans un contexte de normalisation progressive des relations migratoires entre les deux pays.


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