La Gendarmerie nationale algérienne a annoncé, ce jeudi 7 mai 2026, le démantèlement d'un réseau criminel spécialisé dans le transfert illicite de devises vers l'étranger. L'opération a été menée par les enquêteurs de la Brigade de lutte contre la criminalité économique et financière, relevant du Service central opérationnel de lutte contre la criminalité organisée. Le mécanisme reposait sur la sous-facturation des exportations et le blanchiment via l'importation de voitures neuves.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi 7 mai, la Gendarmerie nationale a détaillé les résultats de l'enquête. Le document précise que l'opération s'inscrit dans le cadre de la lutte contre les crimes économiques et financiers, notamment ceux liés à la violation de la législation et de la réglementation relatives au change et aux mouvements de capitaux de et vers l'étranger.
Le communiqué ajoute que les enquêteurs ont démantelé un réseau criminel actif dans le transfert illicite de devises vers l'étranger par le biais de la sous-facturation des exportations, du non-rapatriement de leurs recettes, ainsi que du blanchiment d'argent via l'importation de véhicules neufs depuis l'étranger.
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15 arrestations et saisie de 5 véhicules
L'enquête a abouti à l'arrestation de 15 suspects et à l'identification de 4 autres personnes toujours en fuite, selon le communiqué. Les services de la Gendarmerie nationale ont également procédé à la saisie de 5 voitures et de 5 machines industrielles. La valeur des recettes d'exportation non rapatriées vers le territoire national est estimée à environ 4 millions de dollars américains.
À l'issue de l'enquête, les personnes arrêtées ont été présentées devant les autorités judiciaires territorialement compétentes. Les quatre suspects identifiés mais en fuite font l'objet de recherches actives.
La sous-facturation des exportations, mécanisme de la fraude
Le réseau criminel pratiquait la sous-facturation des exportations pour conserver des devises à l'étranger. Ce procédé consiste à déclarer une valeur inférieure à la valeur réelle des marchandises exportées, ce qui permet de ne pas rapatrier la totalité des recettes en devises sur le territoire algérien, en violation de la réglementation des changes.
Les fonds conservés à l'étranger étaient ensuite blanchis via l'importation de véhicules neufs. Les devises non rapatriées servaient à acheter des voitures ensuite importées et vendues en Algérie, permettant de masquer l'origine des capitaux et de contourner les obligations déclaratives auprès des autorités financières.
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Les déclarations du président Tebboune sur les dépassements à l'exportation
Le démantèlement de ce réseau intervient après que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué ce phénomène lors de sa rencontre périodique avec les médias, le samedi 3 mai 2026. Le chef de l'État avait alors fait état d'abus dans le domaine de l'exportation, consistant en la réduction délibérée par certains exportateurs de la valeur de leurs exportations dans le but de faire sortir des devises fortes à l'étranger.
Le président Tebboune a affirmé que l'État avait réussi auparavant à faire face au phénomène de gonflement des factures d'importation, et qu'il travaillait aujourd'hui à contrer les pratiques de sous-évaluation des exportations avec la même fermeté, pour protéger l'économie nationale. Cette déclaration confirme la volonté des autorités algériennes de lutter contre les flux illicites de capitaux sous toutes leurs formes.
