Vente de l’ancien hôtel d’Ali Haddad à Barcelone : ce contrat qui complique tout

L’Algérie cherche à vendre l’El Palace Barcelona pour près de 100 millions d’euros. Mais un contrat de gestion signé à l’époque d’Ali Haddad réduit aujourd’hui les marges de manœuvre du propriétaire algérien. Même si le Fonds national d’investissement (FNI) possède désormais l’hôtel, l’exploitation commerciale reste contrôlée par une société liée à l’entourage de l’ancien homme d’affaires algérien.

L’El Palace Barcelona, l’un des hôtels les plus prestigieux de la capitale catalane, se retrouve au centre d’un dossier complexe mêlant immobilier, droit commercial et récupération d’actifs. Selon le média espagnol Moncloa.com, l’État algérien souhaite céder cet établissement de luxe pour un montant estimé à 100 millions d’euros. Mais la vente avance difficilement en raison d’un contrat de gestion signé avant la récupération du bien par les autorités algériennes.

Hôtel d’Ali Haddad à Barcelone : un contrat qui limite le contrôle du FNI

Le principal problème concerne la séparation entre la propriété de l’hôtel et son exploitation commerciale. Le Fonds national d’investissement algérien est aujourd’hui propriétaire des murs de l’El Palace Barcelona. En revanche, la gestion de l’établissement reste assurée par Royal Blue Bird, une société administrée par Radia Bouziane, présentée comme représentante des intérêts liés à Ali Haddad.

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Cette situation trouve son origine dans l’histoire du palace. Fin 2011, l’ancien président du FC Barcelone, Joan Gaspart, vend l’hôtel à Ali Haddad pour environ 80 millions d’euros. À cette époque, la chaîne hôtelière Husa conserve encore l’exploitation de l’établissement via un accord contractuel. Après la faillite de Husa, la gestion passe finalement sous le contrôle de Royal Blue Bird, qui continue aujourd’hui d’exploiter commercialement l’hôtel.

Pourquoi ce contrat complique la vente de l’hôtel

Le droit commercial espagnol protège ce type de contrat de gestion, même lorsqu’un changement de propriétaire intervient. Concrètement, cela signifie que le futur acquéreur de l’El Palace Barcelona ne pourrait pas reprendre immédiatement le contrôle total de l’exploitation de l’hôtel. Le gestionnaire actuel resterait en place pendant plusieurs années.

Pour les investisseurs potentiels, cette contrainte réduit fortement l’intérêt de l’opération. Dans l’hôtellerie de luxe, les grands groupes souhaitent généralement imposer leur propre marque, leur stratégie commerciale et leurs standards de gestion. Or, dans le cas de l’El Palace, cette liberté est limitée par le contrat existant.

Selon les informations relayées par Moncloa.com, cette situation pourrait entraîner une décote d’environ 15 % sur la valeur du bien. Sur un actif estimé à 100 millions d’euros, l’impact financier peut donc être important. Plusieurs spécialistes de l’immobilier hôtelier considèrent qu’un établissement libre de tout contrat de gestion se revend beaucoup plus facilement qu’un actif soumis à une exploitation verrouillée sur le long terme.

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L’État algérien supporte toujours les charges

Autre difficulté : le propriétaire continue d’assumer certaines dépenses importantes sans disposer d’un contrôle complet sur l’activité. En Espagne, les travaux structurels et la maintenance lourde restent à la charge du détenteur des murs. Dans ce dossier, cette responsabilité revient donc au FNI algérien.

La société gestionnaire exploite l’hôtel et perçoit les revenus liés aux chambres, à la restauration et aux services commerciaux, tandis que le propriétaire doit financer les dépenses liées à la conservation du bâtiment. Cette configuration pousse aujourd’hui l’Algérie à privilégier une vente rapide afin de transférer ces obligations à un nouvel acquéreur.

Un hôtel emblématique au cœur de Barcelone

L’El Palace Barcelona reste l’un des établissements les plus connus de la ville. Situé près du Passeig de Gràcia, le palace bénéficie d’un emplacement stratégique dans un secteur très recherché par les touristes internationaux et les voyageurs d’affaires. L’hôtel attire une clientèle haut de gamme et conserve une forte valeur patrimoniale grâce à son histoire et à son positionnement dans le segment du luxe.

Le marché hôtelier barcelonais reste également dynamique malgré le ralentissement observé dans certains secteurs immobiliers européens. Barcelone continue d’attirer des investisseurs internationaux, notamment dans l’hôtellerie premium. Mais dans le cas précis de l’El Palace, les acheteurs intéressés doivent intégrer les contraintes juridiques liées au contrat de gestion actuel.

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