Les services de police et de gendarmerie français ont interpellé un nombre record de ressortissants algériens en situation irrégulière en 2025. Jamais autant d'Algériens sans-papiers n'avaient été arrêtés en France au cours d'une seule année.
Selon les données transmises par le ministère de l'Intérieur français et rapportées par le journal Le Figaro mardi 19 mai 2026, le nombre total d'interpellations d'étrangers en situation irrégulière a atteint 192 140 en 2025, contre 147 156 en 2024. Cette augmentation de 30 % sur un an accompagne une hausse encore plus marquée pour les ressortissants algériens. Ces derniers ont été interpellés à 51 133 reprises en 2025, soit une progression de 51,5 % par rapport aux 33 756 arrestations enregistrées en 2024.
Les Algériens sans titre de séjour représentent 27 % de l'ensemble des étrangers irréguliers interpellés en France en 2025. Cette proportion dépasse très largement celle des Tunisiens (9 %), des Marocains (8 %), des Érythréens (4 %) et des Soudanais (3 %). L’ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, était en fonction au moment de cette augmentation.
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2 539 Algériens expulsés et 30 % des retenus en centres de rétention
Les services français ont expulsé 2 539 ressortissants algériens faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en 2025. Ce nombre place les Algériens au premier rang des nationalités éloignées, devant les Marocains (2 002 expulsions) et les Tunisiens (1 627 expulsions). Ce chiffre est en baisse de 15,34 % par rapport à 2024, année où 2 999 Algériens avaient été expulsés.
Selon un rapport publié le 19 mai 2026 par cinq associations (Forum réfugiés, France terre d'asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte), 16 467 personnes ont été placées dans les 22 centres de rétention administrative (CRA) de France hexagonale en 2025. Les ressortissants algériens représentent 30 % des personnes retenues, devant les Tunisiens (11 %) et les Marocains (10 %). Parmi l'ensemble des personnes placées en CRA, 36 % ont été expulsées, contre 39 % en 2024.
La durée de rétention a doublé en cinq ans
Le rapport associatif indique que la durée moyenne de rétention administrative est passée d'un peu plus de 17 jours en 2020 à 33 jours en 2025. Plus de 2 000 personnes ont été enfermées jusqu'à 90 jours, la durée maximale légale. Plus de la moitié des expulsions interviennent dans les 20 premiers jours et environ 85 % dans les 45 premiers jours. Moins de 10 % des expulsions ont lieu au-delà de 60 jours.
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Les associations précisent que 46,3 % des placements en CRA font suite à des contrôles de police, tandis que 29 % interviennent à la sortie de prison. En outre-mer, 27 568 personnes ont été enfermées, le centre de Mayotte concentrant 96 % de ces placements, parmi lesquels 3 074 mineurs. Les associations estiment que l'année 2025 est « l'une des plus préoccupantes pour les droits des personnes étrangères privées de liberté » depuis l'ouverture des premiers CRA en 1984.
Une proposition de loi pour allonger la durée maximale de rétention
Une proposition de loi portée par le député Charles Rodwell (Renaissance) est examinée au Sénat le 21 mai 2026. Le texte, soutenu par le gouvernement et validé par l'Assemblée nationale, prévoit d'allonger de trois à sept mois (210 jours) la durée maximale en CRA pour les personnes condamnées par le passé à au moins trois ans de prison pour des atteintes aux personnes.
Selon Charles Rodwell, la mesure concernerait « quelques dizaines de personnes par an ». Cette disposition avait été censurée par le Conseil constitutionnel, qui l'avait jugée disproportionnée. Le nouveau texte a été reformulé de manière plus restrictive.
