La gérante de la société d'exportation Ikosium et économiste, Hana Bouchelouh, a affirmé que la réglementation des changes en Algérie est un frein pour le développement des entreprises à l'international. Hana Bouchelouh qui s'est exprimé dans une interview au quotidien Liberté parue ce dimanche 7 février a dressé un constat sur l'exportation des produits hors hydrocarbures et les difficultés auxquelles font face les opérateurs économiques.

Ainsi, parmi les obstacles auxquels font face les exportateurs, la gérante d'Ikosium pointe du doigt la réglementation en vigueur. Hana Bouchelouh affirme qu'il "faut redonner confiance aux exportateurs pour les mettre à l’abri de l’ordonnance 96-22. Il ne faut pas mettre sur le même pied d’égalité un opérateur victime d’un incident de paiement avec quelqu’un qui a commis une fuite de capitaux". Elle explique que "la réglementation des changes en vigueur n’aide pas l’entreprise à se développer à l’international". En somme, elle ne favorise pas le développement des exportations hors hydrocarbures (EHH)

Afin de sortir de la dépendance des hydrocarbures, l'économiste préconise d’abord de "régler le problème des fonctions transversales telles que le financement, la logistique, la qualité et la conformité aux normes. Une fois ces contraintes levées, l’acte d’exporter sera facilité et allégé de manière considérable. Pour exporter, il faut avoir le financement et la taille critique nécessaires".

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Ce n'est pas possible d’atteindre les objectifs de Tebboune pour l'instant

Elle donne l'exemple du Groupe Cevital qui "dispose de ces deux atouts. (Il) n’a besoin de personne pour réaliser ces opérations d’exportation. Il faut seulement lui lever les difficultés bureaucratiques. Quand on lève les contraintes, on consolide l’existant. À vrai dire, nous en sommes encore aux premiers balbutiements pour les EHH".

Par ailleurs, Hana Bouchelouh s'est exprimé sur l'objectif annoncé par Abdelmadjid Tebboune de passer à 4 milliards de dollars de volume d'exportation hors hydrocarbures en une année. L'économiste a indiqué que "passer à 4 milliards de dollars en une année, c’est doubler la valeur des exportations hors hydrocarbures. Or, l’offre actuelle ne le permet pas. Même si l’offre est suffisante, on ne peut pas réaliser un tel objectif étant donné le manque flagrant en moyens logistiques, y compris au niveau international".

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