L'économie algérienne traverse une période très difficile. Le secteur de l'informel prend de grandes proportions dans cette économie basée essentiellement sur les rentes pétrolières. En Algérie, le marché noir des devises règne en maître et draine des milliards en monnaies étrangères sans que l’économie nationale n’en bénéficie. Il a d'ailleurs de beaux jours devant lui, malgré certaines annonces de responsables politiques.

Ainsi, ce marché restera très actif en raison de l'absence de volonté politique et également d'alternatives. En effet, en Algérie, les bureaux de change n’ont pas encore vu le jour, malgré les annonces de différents ministres depuis 2016. Le marché noir des devises continue ainsi à régner sur les opérations de change en Algérie.

Comment le marché noir prospère-t-il en Algérie ?

La remise aux calendes grecques de l’ouverture des bureaux de change encourage ce marché, qui a le monopole sur le change en Algérie. Le marché noir, qui fonctionne en marge de la législation des changes, favorise l’opacité des opérations et facilite la fuite des capitaux. Notamment par les hommes d’affaires et les responsables politiques ayant acquis des biens à l’étranger.

Il contribue à cette hémorragie de devises qui porterait sur plusieurs milliards de dollars. Ce marché informel impacte ainsi durement l’économie nationale sans que les autorités politiques et monétaires algériennes ne prennent les décisions nécessaires pour protéger la manne financière du pays. Les gouvernements successifs n’ont pas encore osé affronter ce marché qui active au vu et au su de tous.

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Le marché noir des devises continue à brasser des milliards, et ce, malgré une multitude d’institutions expressément chargées de mener la vie dure aux trafiquants. Il reste très actif malgré la pandémie de coronavirus qui a considérablement réduit les voyages et les soins à l’étranger.

Pourquoi n'y a-t-il pas de marché de change en Algérie ?

Le marché noir, qui porte des coups fatals à l’économie nationale en favorisant la fuite des capitaux et aussi en laissant d’énormes sommes d’argent circuler en dehors des circuits officiels, reste toléré. Pourtant, il aurait suffi que la Banque d’Algérie rompe avec la logique bureaucratique dans laquelle elle a enfermé la cotation du dinar algérien et aille résolument vers la mise en place d’un authentique marché des changes, pour faire bénéficier le pays de cette manne énorme.

Ce marché de change légal pourra, à court terme, éradiquer le marché noir des devises. Il donnera également la possibilité aux entreprises de se financer directement sur ce marché. Il contribuera au raffermissement du dinar algérien avec une plus grande disponibilité des devises et un regain du pouvoir d’achat avec la baisse des prix des produits importés.

Absence de bureaux de change et bureaucratie : En Algérie, tout plaide en faveur du marché noir des devises

Il faut dire qu'en l'absence de bureau de change, les Algériens sont poussés vers le marché noir des devises. Tout est fait pour que ce marché soit en croissance. Des plus petites opérations aux plus grandes, ce marché est inévitable.

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En effet, afin d'ouvrir un compte en devises, la banque demande au minimum 50 euros que le client ne peut se procurer dans la même banque. Il est alors dirigé vers le marché noir. Pour voyager à l'étranger, l’allocation touristique est insignifiante et il faut acheter des devises au marché noir. Les opérateurs économiques, aussi, se procurent les devises au marché noir étant donné que le passage par les banques devient un parcours de combattant.

Il faut dire aussi que le secteur de l'informel se base essentiellement sur ce marché. Les importateurs de produits « cabas » (comme on les nomme) passent par le marché noir. Ils représentent une bonne partie des clients des cambistes. Par ailleurs, vu l'instabilité de la monnaie nationale, l’épargne en devise devient une option très prisée par les Algériens. Ces derniers ont beaucoup plus confiance dans les devises étrangères comme l'euro et le dollar.