La crise diplomatique entre la France et l’Algérie se poursuit. L’accusation de « gros mensonge », portée par le chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune contre le ministre français de l’intérieur Gérald Darmanin, à propos du nombre d’Algériens objets de mesures d’expulsion, refusés par l’État algérien, a fait réagir l’entourage du ministre français.

Sous couvert d’anonymat, l’entourage de Gérald Darmanin persiste et signe. Il y a quelque 7300 obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées contre des ressortissants algériens, a martelé la même source à l’AFP, reprise par plusieurs médias français.

Rappelons qu’Abdelmadjid Tebboune a contesté ce chiffre, dimanche 10 octobre, lors d’une rencontre avec certains organes de la presse algérienne. Mais l’entourage de Darmanin conteste à son tour les chiffres du chef de l’État algérien. « La liste à laquelle le président Tebboune fait référence [correspond] aux profils ultra-prioritaires, ceux fichés pour radicalisation et qu’on considère comme les plus dangereux, qu’on veut renvoyer au plus vite », précise l’entourage du ministre français.

Tebboune accuse Darmanin de bâtir « un gros mensonge »

Lors de sa rencontre avec quelques journalistes, Tebboune a qualifié la déclaration de Darmanin de gros « mensonge ». « Moussa Darmanin a bâti un gros mensonge », avait fermement tranché le chef de l’État algérien, en utilisant le second prénom du ministre français Gérald Darmanin, donné en hommage à son grand-père algérien.

« Il n’y a jamais eu 7 000, c’est complètement faux. La liste qui nous est parvenue en 2020 et les trois listes en 2021 comptaient 94 cas parmi lesquels 21 ont été acceptés et 16 autres rejetés. Ils ne vont pas rentrer car ils sont liés au terrorisme. Ils sont venus de Syrie […] Il y a des binationaux qui n’ont pas de famille ici », avait ajouté Abdelmadjid Tebboune.

Cette polémique concerne la décision de la France de réduire drastiquement le nombre de visas Schengen à accorder aux demandeurs algériens (ainsi que Tunisiens et Marocains), et ce, suite au refus des autorités algériennes (et des autres pays du Maghreb) de délivrer les laissez-passer consulaires permettant la récupération des ressortissants faisant objet de mesures d’expulsion.