La Tunisie, en proie à l'instabilité politique, traverse également une grave crise économique et financière. Au bord du gouffre, le gouvernement tunisien est la recherche de ressources financières en urgence afin de subvenir aux besoins de la population, notamment en matière de salaire des fonctionnaires.

À ce propos, le directeur général du Financement et des Paiements extérieurs à la Banque centrale de Tunisie, Abdelkrim Lassoued, a assuré dans un entretien accordé le 18 octobre à la chaîne Attassia que « la situation économique en Tunisie est extrêmement difficile ».

Selon ce haut responsable du secteur financier en Tunisie, la situation actuelle « requiert l’intervention de certaines parties, à savoir le gouvernement, la BCT et les organisations nationales pour sauver le dossier économique et mobiliser les ressources de l’État pour l’année prochaine ». Dans le sillage de sa déclaration, le même responsable n’a pas écarté « l’éventualité que la Tunisie ait recours à l’Algérie, pour mobiliser des ressources extérieures, et couvrir les besoins du budget au titre de 2020/2021 ».

Ente 600 et 700 millions de dollars accordés par l'Algérie à Tunisie

Abdelkrim Lassoued a signalé que « les financements de l’Algérie à la Tunisie depuis la révolution ont avoisiné environ 600 à 700 millions de dollars ». Il a alors rassuré que le gouvernement peut garantir les salaires des fonctionnaires tunisiens pour le mois d’octobre tout en étant à la recherche de ressources financières pour ceux des deux prochains mois : « Les salaires du mois d’octobre seront assurés, et l’on œuvre à assurer les rémunérations des deux prochains mois ». Il précise enfin que la Banque centrale tunisienne n’a pas eu recours à la planche à billets en 2021.

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En juin dernier, l’économiste tunisien Hachemi Alaya a révélé au quotidien La Croix que « la dette extérieure de la Tunisie a plus que doublée pour atteindre 104,6 % du PIB en 2020. La Tunisie doit débourser 4,3 milliards d’euros cette année pour faire face à ses échéances », affirme-t-il. « Si le Fonds monétaire international accorde un prêt […], il sera tout au plus de 1,6 à 2,5 milliards d’euros en raison de la faible capacité d’absorption de la Tunisie », estime Hachemi Alaya.