Dans deux jours, les Français se prononceront après une compagne électorale passionnante pour les uns et molle pour d'autres. L'Algérie, pour sa part, a bénéficié d'une place centrale durant toute cette campagne. En effet, après les déclarations « hostiles » de l’extrême droite, c'est au tour du candidat du Front populaire de s'exprimer sur l'Algérie. Dans le volet économique et dans le contexte des tensions avec la Russie, Jean-Luc Mélenchon a proposé de vendre à l'Algérie du blé à un prix non spéculatif en contrepartie de gaz à prix raisonnable.

Dans cette démarche, certains ont vu une façon déguisée de faire du chantage au blé, alors que d'autres expliquent que le candidat de la France insoumise propose tout simplement du troc. Invité du JT de France, Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé sur la conjoncture actuelle marquée par une crise d’approvisionnement de céréale. Il a affirmé qu'il « réquisitionnerait tous les stocks de céréale de [France] » pour « garantir l’approvisionnement de la France ». Il explique qu'il ne veut pas profiter de la hausse des prix pour faire de l'argent, mais garantir aux français l'accessibilité des denrées alimentaires de base.

En réaction à la question de la journaliste qui a cité des pays qui risquent les émeutes de la faim si l'approvisionnement en blé venait à baisser, il répond : « là, c'est tout à fait ma préoccupation : L’Algérie, 68 % de son blé vient de France. Le Maroc, c'est 33 %. La Tunisie, c'est 17 %. Nos familles vivent dans l'un et l'autre côté des deux rives. Et j'ajoute que s'il y a une crise de céréales dans ces pays, cela provoquerait une commotion sociale qu'on aura vite l'occasion de voir ».

Le candidat pose ainsi le contexte de la crise de blé survenue depuis le début de la guerre en Ukraine. « C'est la raison pour laquelle je propose ; de un : je réquisitionne les stocks. Deux : je bloque les prix. Trois : nous ouvrons des conférences intergouvernementales d'approvisionnement », demande Mélenchon. Ensuite, le candidat de gauche est arrivé à sa proposition du moins étrange sur le troc du blé contre le gaz avec l’Algérie. « Je dirai aux Algériens qu'ils auront des céréales au prix normal et pas spéculatifs et peut être qu'eux, ils pourront nous garantir l'approvisionnement du gaz et du pétrole au prix normale et pas au prix spéculatif ».

Il faut souligner concernant la dépendance de l’Algérie au blé français, Jean-Luc Mélenchon n'a pas pris en considération les dernières décisions du gouvernement algérien de diversifier ses sources d'approvisionnement et de souscrire au blé russe. Mais il est aussi important de noter que l'Algérie a été contrainte de revenir sur sa décision de bouder le blé français,

Vidéo : Mélenchon propose un troc à l'Algérie - Du blé contre du gaz