Qu'attend l'Algérie de l'élection d'Emmanuel Macron ?

Même si officiellement l’Algérie a refusé de s’immiscer dans les affaires internes de la France, en soutenant l'un des candidats qualifiés au deuxième tour, officieusement Emmanuel Macron a été le candidat pour lequel l’Algérie a roulé. Ce choix a été défendu notamment par la mosquée de Paris, contrôlée par Alger, qui a appelé ouvertement à faire barrage à Marine Le Pen. Maintenant que le président sortant a été réélu, la question de l'avenir des relations entre Alger et Paris se pose.

Effectivement, les Algériens qui résident en France sont en majorité soulagés du choix des Français. Sur le plan officiel, il est évident que les décideurs préfèrent Emmanuel Macron à Marine Le Pen, dont le programme de la politique étrangère est une remise en cause de tous les acquis, notamment sur le plan de la mémoire commune liée à la colonisation et à la guerre d’Algérie.

Donc, le choix d'Emmanuel Macron est également un soulagement pour les autorités algériennes, qui espèrent repartir sur de bonnes bases avec Macron, après un quinquennat marqué par plusieurs accrocs. Tout le monde se rappelle la déclaration d'Emmanuel Macron qui s'est demandé s'il existait une « nation algérienne » avant la colonisation ; et le rappel, par deux fois, de l'ambassadeur algérien à Paris.

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Ces périodes de tension dépassées, les relations entre les deux pays se sont nettement améliorées. Cependant, pour ce deuxième quinquennat plusieurs questions seront à l’ordre du jour. L’Algérie va continuer à réclamer l'application des accords en matière de circulation et de visas. Des visas qui sont délivrés au compte-goutte par la France en réaction au refus de l’Algérie de récupérer ses clandestins. Emmanuel Macron est également très attendu sur un deuxième dossier très sensible. Il s'agit de la question de la mémoire. Un travail entamé dans le premier quinquennat avec certaines avancées, mais comportant toujours des manques signalés par l’Algérie. Les observateurs se demandent si sur ce point Emmanuel Macron fera le pas de demander des excuses à L’Algérie. Des excuses réclamées par Alger pour apaiser les mémoires.

L’Algérie veut une nouvelle vision des relations avec la France

Sur le plan géostratégique, l’Algérie attend également de la France d'équilibrer ses relations avec ses voisins d'en face. Alger attend à ce que la France soit moins indulgente avec le Maroc et se repositionne en sa faveur dans certains dossiers.

Il faut dire que le chef de l'État algérien n'a pas tardé à féliciter Emmanuel Macron pour sa réélection. Dans son message Abdelmadjid Tebboune a exprimé sa satisfaction de la qualité des relations entre les deux hommes et du développement réalisé dans le domaine du partenariat algéro-français. « J'apprécie l'importance de l'opportunité historique qui s'offre à nous d'anticiper l'avenir et entreprendre nos ambitions avec courage et responsabilité », indique Abdelmadjid Tebboune.

Le Chef de l'État algérien souhaite donc des relations basées sur une nouvelle vision. Une vision « renouvelée fondée sur le respect de la souveraineté, l'équilibre des intérêts que nous partageons en termes de mémoire et de relations humaines, les consultations politiques, la prospective stratégique, la coopération économique et les interactions à tous les niveaux de l'action commune, ouvriraient de larges horizons à nos deux pays ». Pour y parvenir, Abdelmadjid Tebboune a émis son souhait d'« accueillir prochainement en Algérie [Emmanuel Macron] » pour lancer « ensemble une dynamique qui va de l'avant dans le traitement des grands dossiers […] et dans l'intensification et l'élargissement des relations algéro-françaises ».

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