Fin de la lune de miel entre la France et l'Algérie : la visite de Tebboune compromise

Amira Bouraoui sur fond des drapeaux de France et d'Algérie

Entre l'Algérie et la France, le torchon brûle à nouveau. Ces relations, qui se sont réchauffées ces derniers mois avec une intensification des visites, présageaient de nouvelles visions et également une entente qui ne peut être remise en cause. Les observateurs ont même parlé de la naissance de l'axe Paris-Alger comme passerelle entre les deux bords de la méditerranée. Cependant, ces relations ont encore une fois été secouées. L'Algérie a rappelé son ambassadeur en France pour consultation. Une décision lourde de sens qui pousse à se poser des questions. La lune de miel entre l'Algérie et la France est-elle arrivée à sa fin ?

Ces derniers mois, la France et l'Algérie ont intensifié leur coopération dans tous les domaines. Élisabeth Borne est venue en Algérie1 jusqu'après la visite d'Emmanuel Macron2. Le chef d'État-Major algérien Saïd Chengriha est parti en France3. Les déclarations des responsables des deux pays n'ont cessé de parler d'un avenir radieux. Cependant, il semble que les deux pays sont revenus à la case départ.

En effet, l'Algérie a décidé, le 8 février 2023, de rappeler son ambassadeur en France « pour consultation »4, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué. Cette décision fait suite à l'affaire de « l'exfiltration », lundi dernier, de la militante algérienne Amira Bouraoui depuis la Tunisie vers la France.

La Visite de Tebboune en France compromise ?

Un communiqué qui n'y va pas avec le dos de la cuillère. Les termes utilisés indiquent qu'il ne s'agit pas juste d'un malentendu. L'affaire dite « Amira Bouraoui » prend une grande ampleur.

De leur côté, les autorités françaises ont réagi à travers le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, François Delmas, qui a déclaré qu'il s'agissait d'une « procédure qui ne ressort d'aucune manière de l'ordinaire » et qu'« Amira Bouraoui est une ressortissante française ». Dans un point de presse, Delmas a toutefois signifié la volonté de Paris de continuer à « approfondir ses relations avec Alger malgré les frictions ».

Il faut dire que cette nouvelle crisse compromet la visite d'État d'Abdelmadjid Tebboune en France prévue au mois de mai prochain5. Ainsi, le réchauffement entre les deux pays n'a été que conjoncturel. Et comme à l'accoutumée, ces relations révèlent leur fragilité. Entre la France et l'Algérie, ces relations en dents de scie sont une réalité qui ne peut être dépassée, du moins pour l'instant.


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