Immigration clandestine : Marine Le Pen condamnée pour diffamation

La députée française de l’extrême droite, Marine Le Pen, et cheffe de file des anti-migrants a été condamnée, vendredi 13 octobre, par la justice pour diffamation. L’ancienne présidente du Rassemblement National (RN) a été reconnue coupable de « diffamation publique » envers une association française  qu’elle avait accusée en 2022 d’ « encourager l’immigration clandestine » en France.

Lors d’un entretien sur BFMTV en janvier 2022, la députée d’extrême droite avait accusé des associations humanitaires françaises d'encourager l'immigration clandestine vers l'Hexagone et d’être « parfois complices des passeurs ». A la question « est ce que les associations humanitaires sont complices du délit d’entrée ? », Marine Le Pen, alors candidate à l’élection présidentielle d’avril 2022, avait répondu « parfois oui. Ils sont même complices des passeurs, oui, parfois ».

La cheffe de file du RN avait ensuite visé directement la Cimade, association engagée contre la xénophobie et l’exclusion des personnes immigrées, pour ses actions à Mayotte, un département français situé entre Madagascar et la côte du Mozambique. « La Cimade organise en réalité la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores », à Mayotte, avait-elle déclaré. Marine Le Pen avait également appelé à arrêter de verser des subventions « à des gens qui organisent quelque chose qui est illégal ».

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Pour ces propos, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a été poursuivie en justice par la Cimade. Elle a été reconnue coupable des faits de « diffamation publique envers un particulier » et condamnée vendredi 13 octobre, à 500 euros d’amende avec sursis pour diffamation, rapporte l’AFP. La députée du Pas-de-Calais doit également s’acquitter de 2.000 euros de frais de justice et 1 euro à titre de dommages et intérêts.

Selon la justice, les propos de Marine Le Pen contre la Cimade « ont dépassé la dose d’exagération possible dans le contexte dans lequel ils ont été prononcés » et que « les limites de la liberté d’expression (ont) été franchies ». Le verdict du procès intervient dans un contexte marqué par la montée au créneau en France des opposants à l’immigration. Un contexte exacerbé par le conflit en Palestine, en témoigne cette attaque d'un député de l'extrême droite contre un de ses collègues d'origine algérienne.

« Le jour où des associations immigrationnistes sont pointées du doigt pour avoir empêché l’expulsion de la famille du terroriste islamiste d’Arras, je suis condamnée pour avoir dit que les associations humanitaires sont « parfois complices des passeurs ». Sans commentaire… », a réagi Marine Le Pen sur son compte X ( anciennement Twitter) à l’annonce du verdict du procès intenté contre elle par la Cimade.


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