Ils droguaient des enfants pour les pousser au vol à Paris : 6 Algériens condamnés

Algériens - France - Arrestation - Condamnation -Police - Justice

La justice française a condamné six ressortissants algériens à des peines de quatre à six ans de prison ferme. Jugés par le tribunal de Paris pour traite d’êtres humains, ils ont été reconnus coupables d’avoir drogué plusieurs enfants, algériens et marocains, pour les pousser à voler des touristes à Paris. 

À l’issue de quatre jours d’audience, des peines allant de quatre à six ans de prison ferme assorties d'amendes allant de 5000 à 8000 euros, ont été prononcées, vendredi 12 janvier, par le tribunal de Paris contre six Algériens. Ils sont jugés pour traite d’êtres humains aggravée sur des mineurs étrangers isolés, trafic de stupéfiants et de psychotropes et recel de vols, commis entre janvier 2021 et juin 2022.

La justice leur a reproché d’avoir initié plusieurs enfants originaires d’Algérie et du Maroc à l’usage de psychotropes afin de les inciter à voler des touristes au Trocadéro, à Paris (XVIe). Le tribunal a suivi les réquisitions rendues la veille par la procureure, estimant les faits d'une « extrême gravité » étant donné « les dommages portés à l'intégrité physique et psychique des jeunes ».

Algériens condamnés : un « avertissement » à tous les trafiquants d’enfants

Malgré les excuses qu’ils ont présentées à leurs victimes lors du procès, les six Algériens n’ont pas échappé à la condamnation à la prison ferme et à l’interdiction définitive du territoire français. « On espère que ce procès fera jurisprudence pour d’autres cas, et surtout, que cela enverra un avertissement à tous les trafiquants d'enfants qui en tirent profit », souligne au site InfoMigrants, Maître Kathleen Taïeb, avocate de l’une des victimes.

Le procès a permis de mettre la lumière sur le stratagème utilisé par ce groupe d’Algériens : ils repèrent d’abord les mineurs isolés, en grande majorité des Algériens et des Marocains sur le Champ-de-Mars. Puis, ils se mettent à gagner leur confiance en leur parlant en arabe. « Ils se comportaient un peu comme des grands frères », explique l’avocate.

C’est sur le parvis du Trocadéro que les six Algériens sont accusés d’avoir initié des mineurs, dont 17 identifiés par les enquêteurs, aux psychotropes « gratuitement dans un premier  temps », selon le parquet de Paris. « Ils m’ont dit : "Tiens, prends ça, ça va te faire du bien" », affirme un Marocain âgé de 10 ans, cité dans les réquisitions. « J’ai pris un demi-comprimé de Rivotril et après j’ai continué, continué, continué ». Des doses qui le « poussent à voler » les touristes « et même à être violent », souligne le parquet.

Retour en haut
Share via
Copy link