Convoqué par la police, que risque le maire qui a refusé de marier un Algérien sous OQTF ?

Robert Ménard sur fond d'un Mariage - Algérien

L’affaire de l’Algérien visé par une OQTF que Robert Ménard, maire de Béziers, a refusé de marier l’été dernier avec une Française, refait surface. En effet, suite à une plainte déposée par le jeune Algérien et sa fiancée contre le maire de Béziers, ce dernier est convoqué par la police judiciaire pour une audition prévue en février 2024.

Le jeune Algérien de 23 ans, en France depuis l'âge de 16 ans et en situation irrégulière, est visé par une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée le 26 août 2022. C'est d'ailleurs la raison invoquée par le maire de Béziers pour ne pas officier le mariage de cet Algérien, l’été dernier. Robert Ménard soupçonnait le futur marié de contracter un « mariage blanc » avec sa fiancée de nationalité française. Le jeune Algérien a fini d’ailleurs par se faire expulser vers son pays le 20 juillet 2023.

Le parquet de Béziers avait pourtant donné son feu vert à ce mariage refusé. Le jeune Algérien et sa fiancée française avaient alors déposé plainte contre le maire de Béziers, Robert Menard. Sept mois après les faits, ce dernier se voit convoquer par la police judiciaire de Montpellier pour une audition, prévue en février 2024, rapporte BFM TV dans son édition de mercredi.

Mariage refusé à un Algérien sous OQTF : le maire de Béziers risque 5 ans de prison

L'enquête préliminaire est en cours et confiée au Service interdépartemental de la police judiciaire de l'Hérault, selon la même source. Si cette affaire est traduite dans un tribunal, le maire de Béziers, Robert Ménard, risque une peine de 5 ans de prison et 75'000 euros d’amende. Selon la loi, il pourrait également perdre sa place de maire par révocation ministérielle, explique-t-on.

Interrogé ce jeudi 25 janvier sur le plateau de « La Grande interview Europe 1-CNews », Robert Ménard assure qu’il  « ne reviendra pas » sur sa décision. « Que ce garçon soit Chinois, Algérien ou Arménien, ce n'est pas mon problème. Mon problème, c'est qu'on me demande de marier quelqu'un qui est connu par les services de police. Il est recherché par la police pour être expulsé de France et on me demande tranquillement de le marier ? Non, mais vous plaisantez, je ne le ferai pas ! » affirme-t-il.

« Ça ne sert à rien. Je ne reviendrai pas sur ma décision », poursuit-il. « Vous savez ce que je risque ? 5 ans de prison, je risque 75'000 euros d'amende et je risque de me voir retirer mon mandat de maire. Mais vous rigolez ? On ne peut pas nous expliquer à la fois qu'il faut appliquer les lois françaises, et faire ce mariage », ajoute le maire de Béziers.

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