Les Algériens, enjeu d'une élection législative sous haute tension en France

Les Français sont appelés ce dimanche 7 juillet à élire leurs députés à l'Assemblée nationale, avec le risque inédit que l'extrême droite s'approprie une majorité absolue. Jordan Bardella pourrait se retrouver comme Premier ministre d'une cohabitation pas très souhaitée par le président Emmanuel Macron.

Depuis le début de la campagne électorale, les Algériens, plus précisément les Franco-Algériens, ont été au cœur de l'action médiatique et politique. Particulièrement depuis la publication des résultats du premier tour qui a eu lieu le dimanche 30 juin. Des résultats qui confirmaient la menace de voir le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, s'emparer de Matignon et remplacer Gabriel Attal.

En effet, les Franco-Algériens se sont avérés comme de vrais enjeux dans ces élections législatives en France et la façon dont ils sont traités par les animateurs de la campagne et les médias le montre bien. C'est ainsi que sans surprise, l'extrême droite, représentée par le Rassemblement national de Marine Le Pen, a fait de l'immigration son thème principal de campagne. Du début de la campagne jusqu'à la fin, puisque cette même campagne a commencé bien avant, avec les élections européennes du 9 juin 2024.

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Les accords franco-algériens de 1968 cibles du RN

Parmi les propositions du RN visant la réduction de l'immigration, l'Algérie et les Algériens ne sont pas toujours loin. Jordan Bardella, dont l'arrière grand-père était Algérien, suggère tout simplement la suppression des Accords de 1968 qui régissent les relations algéro-françaises en matière d'immigration et de circulation des personnes1. Les politiques du Rassemblement national et leurs soutiens n'ont pas cessé de ressasser la nécessité de supprimer ces accords signés par l'Algérie et la France.

Il faut dire que beaucoup d'Algériens de France se sentent visés et cela leur fait peur, au point où beaucoup pensent quitter l'Hexagone, soit pour rentrer en Algérie, soit pour rejoindre un autre pays européen, à l'instar de la Belgique.

La gauche profite de la peur des Algériens

Mais il est utile de préciser que l'extrême droite n'est pas la seule à utiliser les Algériens comme un thème de campagne électorale. La gauche aussi s'en sert pour glaner des voix supplémentaires, particulièrement les membres du Nouveau front populaire (NFP) qui s'est constitué au lendemain des élections européennes et en prévision des législatives anticipées.

Pour les responsables des partis composant le NFP, comme La France insoumise, le Parti socialiste et les Écolos, le vote des musulmans, des descendants d'immigrés et des détenteurs de la double nationalité est désormais d'une importance capitale s'ils veulent accéder à l'Assemblée nationale.

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D'ailleurs, même les médias sont à fonds dans cette campagne impliquant les étrangers, dont les Franco-Algériens. Certains médias mainstream, de CNews à BFM, ne cessent pas de faire parler ou de parler des acteurs politiques les plus virulents à l'égard des musulmans et des Algériens. Au point où des parlementaires ont initié des commissions d'enquête sur cette question et même sur le rôle que joue l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, dans cette grave histoire.

Les médias ciblent les Franco-Algériens

D'un autre côté, les médias de gauche, tels Libération, ne manquent pas de faire parler les Franco-Algériens, et généralement toutes les « victimes » du « discours xénophobe en France » pour dénoncer chaque petite agression verbale ou physique dont sont victimes les étrangers et les musulmans ainsi que les « menaces » qui pèsent sur les Franco-Algériens suite à la montée l'extrême droite.

C'est que les responsables politiques de la gauche, notamment ceux composant le Nouveau front populaire, sont très conscients que les Franco-Algériens ne sont pas très impliqués dans l'action politique et qu'ils sont même nombreux à ne pas aller aux urnes. Et pour ces politiques et les médias, il s'agit aujourd'hui de les mobiliser pour gagner des voix à cette élection et des sièges à l'assemblée nationale.

Le « vote communautaire » est devenu un enjeu existentiel pour cette gauche. Tant que c'est le cas, les Algériens et les étrangers en général continueront d'être au centre des débats politiques en France, pour la droite comme pour la gauche.

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  1. L'Accord de 1968 : Pourquoi l'Algérie y tient tant ?, 17 mars 2023, ObservAlgérie 


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