Diplômé et vivant en France depuis 25 ans, il se retrouve sans-papiers du jour au lendemain

En France, de nombreux travailleurs étrangers, bien intégrés et souvent diplômés, se retrouvent confrontés à une situation de précarité absolue, malgré des années de travail et d’efforts pour se maintenir en règle.

C’est le cas de Mohammed Mrabet, un Marocain de 55 ans, diplômé d’un DEA en langues anglophones à l'université de Grenoble, qui vit en France depuis plus de 25 ans. Cependant, malgré un parcours académique et professionnel respecté, il se trouve aujourd'hui sans titre de séjour valide, bloqué administrativement, et dans l’incapacité de régler ses dettes et ses loyers.

Sans-papiers à cause de la bureaucratie

Sa situation met en lumière les complications administratives et la rupture du dialogue entre les autorités françaises et les travailleurs sans-papiers, laissant certains dans une grande détresse. Malgré ses qualifications et son parcours professionnel, Mohammed se retrouve sans emploi et sans accès à aucun droit social, tout simplement parce qu’il n'a pas pu renouveler son titre de séjour.

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Tout a basculé pour Mohammed en 2023. Après plusieurs années de travail en intérim comme agent de nettoyage en milieu hospitalier, il rencontre des difficultés pour renouveler son titre de séjour. Ce renouvellement, nécessaire chaque année, s’accompagne cette fois d’une exigence supplémentaire : une autorisation de travail, que son ancien employeur ne pouvait pas lui fournir. En conséquence, la préfecture bloque son dossier. Mohammed se retrouve sans emploi, sans revenu, et sans accès à aucune aide sociale, étant donné l’absence de récépissé ou de titre de séjour valide. La situation devient intenable : depuis décembre 2023, il ne peut plus payer son loyer ni ses factures.

Le dialogue rompu entre la préfecture et les sans-papiers

Mohammed n'est pas seul dans cette situation. Des centaines de travailleurs étrangers, soutenus par des associations comme la CGT des travailleurs sans-papiers, dénoncent une rupture du dialogue avec l'État. Les démarches administratives pour le renouvellement des titres de séjour sont devenues de plus en plus compliquées, avec des préfectures qui semblent fermées à toute rencontre directe. Le système en ligne, où les rendez-vous sont pris d’assaut en quelques minutes, laisse peu de place aux demandeurs en difficulté.

Face à cette situation, une manifestation a eu lieu le 4 décembre à Grenoble devant la préfecture de l’Isère. Les manifestants réclament la simplification des démarches administratives et l’accès à des titres de séjour pour les travailleurs étrangers qui, comme Mohammed, se retrouvent dans une impasse. Le 18 décembre, une nouvelle manifestation est prévue à l’occasion de la journée internationale des migrants, afin de sensibiliser le public à la difficile situation des travailleurs sans-papiers. Le cas de Mohammed Mrabet est loin d’être isolé, et il soulève une question plus large sur l’efficacité et la justice du système administratif français en matière d’immigration et de régularisation.


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