"Digital nomad visa" : ce pays facilite les règles

Face à un contexte économique fragile et une reprise touristique encore hésitante, la Nouvelle-Zélande a récemment annoncé un assouplissement de ses règles en matière de visa pour les digital nomads.

Désormais, les travailleurs à distance, qu'ils soient freelances, auto-entrepreneurs ou salariés en télétravail intégral, peuvent séjourner et exercer leur activité professionnelle dans le pays pour une durée maximale de 90 jours avec un visa de tourisme standard.

Cette mesure vise à stimuler l'économie locale en attirant des professionnels étrangers qui injectent des capitaux dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des services. Contrairement aux travailleurs expatriés classiques, les digital nomads n’entrent pas en concurrence avec la main-d’œuvre locale, puisqu'ils travaillent principalement pour des entreprises situées hors du pays.

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Un outil d’attractivité économique face à un marché tendu

La Nouvelle-Zélande, comme de nombreux autres pays, fait face à des difficultés économiques post-Covid. La croissance stagne, le taux de chômage augmente et une partie de la population active cherche des opportunités à l’étranger. Ce contexte pousse le gouvernement à rechercher de nouvelles sources de revenus.

En assouplissant l’accès aux télétravailleurs internationaux, les autorités néo-zélandaises misent sur une population à fort pouvoir d’achat, capable de consommer sans peser sur le marché du travail local. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à redynamiser le tourisme, secteur clé du pays, qui peine encore à retrouver ses niveaux d’avant 2020.

Un phénomène mondial en expansion

La Nouvelle-Zélande n’est pas la seule à vouloir capter cette nouvelle catégorie de travailleurs mobiles. Plusieurs pays ont déjà mis en place des visas spécifiques pour les digital nomads, avec des critères de sélection variés.

  • Le Brésil propose depuis janvier 2022 un visa de 12 mois renouvelable, à condition de justifier d’un revenu mensuel d’au moins 1 438 euros ou d’un solde bancaire de 17 264 euros.
  • Le Japon, qui a lancé son programme en mai 2024, impose un salaire annuel minimum de 10 millions de yens (environ 61 690 euros) pour un visa valable six mois non renouvelable.
  • La Corée du Sud a instauré le "workcation visa", valable deux ans, avec un revenu minimum de 57 600 euros par an et la possibilité de demander une carte de résidence.
  • L’Espagne propose un visa d’un an, renouvelable jusqu’à cinq ans, mais impose des conditions strictes : être diplômé d’une licence ou d’un bachelor, avoir trois ans d’expérience et un salaire mensuel minimum de 2 400 euros.

Un équilibre à trouver entre attractivité et régulation

Si ces initiatives séduisent un grand nombre de travailleurs mobiles, elles ne font pas l’unanimité. En Espagne, les mouvements anti-tourisme dénoncent une hausse des loyers et du coût de la vie, directement liée à l’arrivée massive de digital nomads, notamment dans les grandes villes et les régions touristiques comme les îles Baléares. L’Afrique du Sud, après avoir mis en place un visa similaire en mai 2024, envisage déjà de restreindre son accès en raison de l’impact sur les prix du logement.

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La Nouvelle-Zélande, en limitant son programme à 90 jours et en l’intégrant dans un cadre existant (le visa de tourisme), prend une approche plus flexible et évite de modifier profondément son marché du travail. Il reste à voir si cette stratégie suffira à attirer un nombre significatif de digital nomads tout en maintenant un équilibre économique et social.


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