Face aux défis posés par la raréfaction de l’eau, l’Algérie renforce considérablement ses infrastructures de dessalement. Grâce à plusieurs usines récemment mises en service et à des projets en cours, le pays ambitionne d’augmenter significativement sa production d’eau potable à partir de l’eau de mer.
Selon El Watan, l’Algérie produit entre 2,2 et 3,7 millions de mètres cubes d’eau dessalée par jour. Mais avec la mise en place de six nouvelles stations d’ici 2030, pour un investissement de trois milliards de dollars, la production devrait atteindre environ 5,8 millions de mètres cubes par jour. L’objectif est de couvrir 60 % des besoins en eau potable du pays grâce au dessalement, contre 18 % actuellement.
L'Algérie, un acteur majeur en Méditerranée
Grâce à ces efforts, l’Algérie se positionne comme un acteur clé du dessalement dans le bassin méditerranéen. Selon une étude de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques, le pays occupe désormais la deuxième place en termes de production annuelle, avec 631 millions de mètres cubes d’eau dessalée. Malte est le leader en termes de pourcentage dans l’eau consommée. L’Espagne, avec 405 millions de mètres cubes, et l’Égypte, avec 200 millions de mètres cubes, suivent dans ce classement.
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Le dessalement s’impose comme une solution incontournable face aux effets du dérèglement climatique, à la pression démographique et aux besoins agricoles croissants. Cette tendance est particulièrement marquée au Moyen-Orient, où plusieurs pays dépendent largement de l’eau dessalée. Aux Émirats arabes unis, 42 % de l’eau potable provient du dessalement, représentant sept millions de mètres cubes par jour. En Arabie Saoudite, 70 % de l’eau potable est issue du dessalement. Au Koweït, ce taux atteint 90 %, et à Oman, 86 %.
Selon l’International Desalination and Reuse Association, le nombre d’usines de dessalement a fortement progressé ces dernières années, atteignant 22'800 stations en 2022, contre deux fois moins il y a dix ans.
Les technologies utilisées en Algérie
Deux principales technologies permettent de transformer l’eau de mer en eau douce. La distillation est un procédé thermique où l’eau est évaporée puis condensée. Cette méthode produit une eau très pure mais consomme 15 kilowattheures par mètre cube, ce qui la rend énergivore. L’osmose inverse consiste à filtrer l’eau de mer sous pression à travers une membrane semi-perméable, retenant le sel et les impuretés. Ce procédé est bien moins gourmand en énergie, avec une consommation de quatre à cinq kilowattheures par mètre cube.
L’Algérie a opté pour l’osmose inverse, adoptée par la Sonatrach et sa filiale Algerian Energy Company, qui gèrent les nouvelles stations. Le coût du mètre cube d’eau dessalée pour l’Algérienne des eaux est estimé entre 52 et 100 dinars, soit entre 0,39 et 0,76 dollar.
Un coût encore élevé
Malgré des avancées technologiques réduisant les coûts, le dessalement reste plus cher que l’eau issue des ressources naturelles. En Europe, le coût du mètre cube d’eau captée est d’environ 0,3 euro, contre 0,4 à 0,8 euro pour l’osmose inverse et 0,65 à 1,8 euro pour la distillation.
Cependant, le dessalement est devenu une solution clé pour répondre à la crise hydrique en Algérie et ailleurs. Si cette technologie permet de sécuriser l’approvisionnement en eau, elle implique aussi des défis économiques et environnementaux. L’Algérie poursuit ses investissements pour renforcer son indépendance hydrique, tout en s’imposant comme un acteur majeur du dessalement en Méditerranée.
