Programme AADL 3 : l’Algérie passe à la vitesse supérieure

Le ministère de l’Habitat a lancé officiellement le programme AADL 3 à travers la signature d’une convention tripartite avec l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) et la Banque nationale de l’habitat (BNH).

L’objectif de cet accord est d'encadrer la réalisation de 200'000 unités résidentielles dans le cadre de la première phase du programme AADL 3. Ce dispositif marque un tournant dans la politique de logement du pays, en misant sur un modèle de financement partagé et une mobilisation bancaire coordonnée.

Un montage financier structuré

Le mécanisme repose sur une répartition précise des coûts. La BNH couvrira 62 % du budget de réalisation, tandis que les bénéficiaires participeront à hauteur de 38 %, sous forme de cinq tranches de paiement. Ce schéma permet de garantir la viabilité financière du projet tout en limitant le recours au budget de l’État. Le recours à un financement mixte vise aussi à réduire les retards chroniques rencontrés dans les phases précédentes, notamment AADL 2.

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La convention fixe également les modalités d’engagement des fonds, le rythme de décaissement, ainsi que les conditions de mobilisation des crédits à moyen terme par le groupement bancaire impliqué.

Un dispositif logistique sous surveillance

Les signataires – Mohamed Merdjani (ministère de l’Habitat), Ahmed Belayat (BNH), et Riad Guemdani (AADL) – ont insisté sur le rôle clé du pilotage interinstitutionnel. Six autres banques publiques rejoignent la BNH pour constituer un consortium de financement, garantissant une capacité de décaissement suffisante pour accompagner la montée en charge des chantiers.

Le suivi opérationnel du programme sera assuré par la cellule centrale de l’AADL, avec des indicateurs de performance applicables aux promoteurs privés et publics sélectionnés. Chaque opération fera l’objet d’un contrôle technique et administratif, depuis la validation des plans jusqu’à la remise des clés.

Une réponse ciblée à la demande accumulée

Le programme de l'AADL 3 ambitionne ainsi de résorber une partie de la demande en attente, estimée à plusieurs centaines de milliers de dossiers à l’échelle nationale. En priorisant les wilayas à forte pression démographique et les pôles urbains en saturation, l’État entend réduire les disparités régionales en matière d’accès au logement. Les terrains identifiés pour la réalisation sont déjà viabilisés ou en cours d’aménagement, afin d’éviter les blocages liés à l’infrastructure.

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Chaque projet inscrit dans le cadre d’AADL 3 devra répondre à un cahier des charges standardisé, incluant des normes de construction, des délais d’exécution et des engagements en matière de qualité. Les entreprises retenues feront l’objet d’un suivi mensuel, avec des pénalités contractuelles en cas de non-respect des échéances.

Les premières attributions de lots aux entreprises sont prévues pour le second semestre de l’année en cours. La durée moyenne de réalisation est estimée à 30 mois, incluant terrassement, gros œuvre, second œuvre et raccordement aux réseaux (eau, électricité, voirie, assainissement).

Un levier macroéconomique structurant

Au-delà de la question du logement, le programme AADL 3 constitue un outil de relance pour le secteur du BTP, fortement impacté ces dernières années par les restrictions budgétaires. L’État espère ainsi générer des dizaines de milliers d’emplois, stabiliser les filières locales (ciment, acier, menuiserie, etc.) et améliorer les flux d’investissement à travers les banques publiques.

Le lancement du programme AADL 3 marque un repositionnement clair de la stratégie nationale du logement vers un modèle plus industrialisé, contractuel et techniquement encadré. La réussite du programme dépendra désormais de l’exécution rigoureuse des étapes prévues et de la capacité des parties à maintenir une coordination sans faille.

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