L’Italie prépare un durcissement des conditions d’accès à la nationalité italienne par filiation. Un décret-loi a été adopté au Sénat le 15 mai, restreignant les critères permettant aux descendants d’Italiens nés à l’étranger d’obtenir la citoyenneté. Le texte doit toutefois encore être approuvé par la Chambre des députés d’ici le 27 mai, avant de pouvoir entrer en vigueur.
La réforme introduit des conditions plus strictes pour la reconnaissance de la nationalité italienne par jus sanguinis. Seuls les individus dont un parent ou un grand-parent possède exclusivement la nationalité italienne seraient désormais éligibles. Cette exigence exclut les descendants dont les ascendants ont acquis une double nationalité au fil des générations.
Autre changement majeur : les parents doivent avoir résidé de façon ininterrompue en Italie pendant au moins deux ans après avoir acquis la nationalité italienne, et avant la naissance de leur enfant. Ce critère vise à rétablir une continuité territoriale entre la lignée et le territoire italien.
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Effets directs pour les descendants d’Italiens
La mesure impacte particulièrement les communautés d’origine italienne au Brésil et en Argentine, pays ayant accueilli une importante immigration italienne entre 1870 et 1920. Au Brésil, environ 30 millions de personnes sont issues de cette diaspora. En 2023, 61 000 nationalités ont été reconnues au titre du droit du sang, dont 68,5 % en faveur de ressortissants brésiliens, soit près de 42 000 personnes.
L’Argentine arrive en troisième position, avec plus de 16 000 naturalisations l’an dernier, un chiffre multiplié par quatre par rapport à 2021. Cette progression rapide des demandes a motivé les autorités italiennes à revoir les conditions d’accès, jugées trop souples au regard du contexte migratoire actuel.
Volonté de contrôle et de régulation
Le gouvernement italien justifie cette réforme par le besoin de renforcer le lien juridique entre l’État et les personnes naturalisées. Antonio Tajani, vice-président du Conseil, a affirmé que la nationalité italienne ne doit pas être utilisée à des fins de convenance, mais réservée à ceux qui “se sentent liés à l’Italie” et non à ceux qui souhaitent simplement bénéficier d’un passeport européen.
Selon l’exécutif, la réforme vise à lutter contre les abus et à encadrer l’attribution de la citoyenneté dans un cadre plus cohérent avec les réalités contemporaines.
Une réforme pour un dispositif déjà renforcé
Le décret s’ajoute à une mesure entrée en vigueur en mars, imposant aux demandeurs une présence en Italie d’au moins trois ans au cours de leur vie. Jusqu’alors, la demande de nationalité italienne par descendance pouvait être réalisée sans jamais avoir résidé sur le territoire.
En combinant les critères de filiation exclusive, de résidence des ascendants, et d’expérience personnelle de vie en Italie, les autorités resserrent l’ensemble du processus de naturalisation.
Vote décisif de la Chambre
La réforme ne sera applicable qu’après son adoption par la Chambre des députés. Si le texte est approuvé avant la date limite du 27 mai, les nouvelles règles entreront en vigueur immédiatement après sa publication officielle.
En cas de validation, ce changement de législation modifiera profondément l’accès à la nationalité italienne, notamment pour les communautés expatriées, en imposant des critères plus rigoureux fondés sur la nationalité exclusive des ascendants et sur la résidence effective en Italie.
