L’Espagne assouplit ses conditions d’entrée et de séjour pour les étrangers

L’Espagne a récemment modifié sa politique migratoire afin de faciliter l’accès et l’installation des ressortissants étrangers non européens sur son territoire. Ces ajustements visent à simplifier les démarches administratives tout en régularisant des centaines de milliers de migrants chaque année.

Le gouvernement espagnol, par la voix de la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a expliqué que ces nouvelles mesures visent moderniser le système migratoire espagnol. Selon le média Schengen News, cette réforme, entrée en vigueur ce mardi 20 mai 2025, répond à une double ambition gouvernementale faciliter les procédures d'entrée et de séjour pour les ressortissants extracommunautaires tout en permettant la régularisation annuelle d'environ 300 000 migrants.

L’un des principaux changements concerne la durée de résidence requise pour bénéficier d’un permis de séjour en Espagne, passant de trois à deux ans. De plus, les migrants pourront désormais exercer une activité professionnelle, salariée ou indépendante, dès leur arrivée. Un nouveau type de permis combinant séjour et travail a également été créé pour attirer davantage de main-d’œuvre étrangère.

Immigration Visa France : délais, refus, faux documents… le consul général à Alger s’explique

Espagne : 5 programmes d’installation pour les migrants revus

La réforme introduit cinq voies officielles d’installation pour les migrants : sociale, socio-éducative, liée au travail, familiale, ainsi qu’une option de "deuxième chance". Les étudiants étrangers y trouvent également leur compte, puisque leur autorisation de travail (jusqu’à 30 heures hebdomadaires) est désormais dissociée de leur domaine d’études. Leur titre de séjour couvrira par ailleurs l’intégralité de leur cursus universitaire.

Si ces mesures ont été saluées pour leur aspect inclusif, des organisations comme Caritas, CEAR et le Jesuit Migrant Service ont déposé un recours devant la Cour suprême. Elles dénoncent le fait que le temps passé en attente d’une réponse à une demande d’asile ne sera pas comptabilisé en cas de rejet, ce qui pourrait pénaliser les requérants déboutés.

D’après El Nuevo Siglo, ces ajustements pourraient fragiliser les droits des personnes cherchant une protection internationale. Malgré ces critiques, le gouvernement affirme que cette réforme permettra une meilleure intégration des étrangers tout en répondant aux besoins économiques du pays.


Vous aimez cet article ? Partagez !