Espagne : un demi-million de sans-papiers bientôt régularisés ?

L’Espagne pourrait bientôt adopter une mesure d’envergure en matière d’immigration. Le parti Podemos a déposé une proposition visant à régulariser 500 000 migrants en situation irrégulière. Ce texte, qui doit être soumis au vote du Congrès des députés, pourrait transformer le statut légal de nombreux étrangers présents sur le territoire.

Si la proposition est adoptée, les étrangers arrivés en Espagne avant novembre 2021 obtiendraient un titre de séjour en l’espace de deux mois. Selon Podemos, cette initiative est une nécessité autant morale que politique, permettant à ces personnes de sortir de la précarité administrative et d’intégrer pleinement la société espagnole.

L’argument avancé par le parti repose également sur l’image internationale du pays. Une régularisation massive offrirait, selon eux, une "grande dignité aux yeux du monde", tout en évitant que des milliers de migrants continuent de vivre dans l’illégalité.

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Les arrivées de sans-papiers en hausse

L'Espagne est confrontée à une augmentation significative des arrivées de migrants. Entre janvier et novembre 2024, près de 57 000 personnes ont rejoint le pays, soit une hausse de 12,7 % par rapport à l’année précédente, selon le ministère de l’Intérieur.

Les routes migratoires les plus empruntées sont celles menant aux îles Canaries, où débarquent de nombreux migrants en provenance d'Afrique de l'Ouest. L’agence européenne Frontex cite le Maroc, le Mali et le Sénégal comme principaux pays d’origine des exilés.

Un débat sur le sort des mineurs isolés

La question des mineurs non accompagnés complique davantage le débat. Selon les autorités, plus de 10 000 mineurs marocains vivent actuellement en Espagne, arrivés par divers moyens, comme la nage, l’escalade des clôtures frontalières ou cachés dans des véhicules.

Podemos s’oppose fermement à toute mesure visant à renvoyer ces enfants dans leur pays d’origine. Le parti critique notamment les propositions de l’Union européenne visant à créer des centres de retour hors des frontières européennes.

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Par ailleurs, le vote du Congrès espagnol qui aura lieu mercredi prochain, sera déterminant pour l’avenir de cette réforme. Si la mesure est validée, l’Espagne rejoindrait d'autres pays européens ayant procédé à des régularisations massives ces dernières années. En attendant, la proposition de Podemos divise et pourrait bien marquer un tournant dans la gestion des flux migratoires du pays.


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