Obtenir un rendez-vous pour un visa Schengen devient un parcours du combattant pour de nombreux Marocains. Des intermédiaires peu scrupuleux profitent des difficultés d’accès aux plateformes officielles pour revendre des créneaux à des prix exorbitants. Une situation dénoncée par des influenceurs et des demandeurs, alors que les autorités tardent à réagir.
Les ressortissants marocains sont de plus en plus nombreux à dénoncer les pratiques abusives de certains intermédiaires qui monopolisent les rendez-vous pour les visas Schengen. Ces derniers revendent ensuite ces créneaux à des prix bien supérieurs aux frais officiels. Le YouTubeur et streamer marocain Bilal Fraiha a récemment partagé son expérience, révélant avoir été contraint de payer 4000 dirhams (environ 383 euros) pour obtenir un simple rendez-vous.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Bilal Fraiha s’est indigné de cette situation, soulignant que le rendez-vous en lui-même est normalement gratuit. "Ce n’est pas acceptable, nous ne devrions pas banaliser de tels actes. Pourquoi devrais-je donner 4000 dirhams à quelqu’un juste pour obtenir un rendez-vous ?", a-t-il déclaré. Selon lui, certains demandeurs ont même dû débourser jusqu’à 6000 dirhams (environ 575 euros) pour un seul créneau.
Immigration Sans-papiers en Belgique : voici le nombre d’Algériens expulsés en 2026
Visas Schengen : une demande en hausse malgré les obstacles
Malgré ces difficultés, les Marocains restent parmi les principaux demandeurs de visas Schengen. En 2024, ils ont déposé 606'800 demandes, ce qui les place au quatrième rang des nationalités les plus représentées, selon les données de SchengenVisaInfo. Les pays les plus sollicités sont la France, l’Espagne et les Pays-Bas, tandis que la Roumanie, la Tchéquie et la Finlande ont enregistré le moins de demandes.
Sur l’ensemble des dossiers déposés, 457'850 visas ont été approuvés. Ces chiffres montrent une forte demande, alimentée notamment par les liens familiaux, les études ou le tourisme. Cependant, l’accès aux rendez-vous devient un frein majeur pour de nombreux candidats, obligés de recourir à des solutions coûteuses et illégales.
Un appel aux autorités pour agir
Face à cette situation, Bilal Fraiha et d’autres demandeurs ont lancé un appel aux autorités marocaines et européennes pour mettre fin à ces pratiques. "Les intermédiaires manipulent le système, et cela pénalise ceux qui ont vraiment besoin d’un visa", a-t-il déploré. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée pour réguler la prise de rendez-vous ou sanctionner les revendeurs.
Les plateformes officielles de demande de visa, comme TLScontact ou VFS Global, sont régulièrement saturées, ce qui facilite le business des intermédiaires. Certains utilisent des bots ou des logiciels pour réserver en masse les créneaux disponibles, avant de les revendre au marché noir. Une pratique qui pénalise les candidats légitimes et entache la transparence du processus.
Immigration Consulat d’Algérie à Paris : voici comment renouveler votre passeport en ligne