Vols internationaux : Alger lance une grande offensive contre le trafic de devises

Les autorités algériennes lancent une nouvelle offensive contre les transferts illicites de devises opérés via la vente de billets d’avion. Un encadrement renforcé des transactions et un système numérique de surveillance entrent en vigueur dès juillet, dans un contexte où certaines compagnies étrangères ont profité de lacunes réglementaires pour contourner la législation sur les paiements internationaux.

La Direction générale des Douanes déploie le système numérique ALCES (Application Logique de Contrôle des Échanges Souterrains). Ce dispositif permettra de tracer l’ensemble des opérations commerciales liées à la billetterie aérienne, en particulier celles concernant les trajets long-courriers comportant des escales. Ces itinéraires, souvent absents du réseau d’Air Algérie, sont identifiés comme les principales brèches utilisées pour transférer illégalement des devises à l’étranger.

L’outil informatique doit permettre une centralisation des données de transaction et une détection automatisée des anomalies. Il s’accompagne d’un durcissement des contrôles en agence et au niveau des représentations locales des compagnies étrangères.

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Nouvelle réglementation sur les paiements en devises

Selon Echourouk, la Banque d’Algérie impose désormais que toute vente de billet d’avion sur des liaisons indirectes non opérées par la compagnie nationale soit effectuée en devise étrangère, et non plus en dinar. Cette règle s’applique également lorsque le prix d’un billet avec escale dépasse de plus de 10 % celui d’un vol direct équivalent : au-delà de ce seuil, le paiement doit obligatoirement s’effectuer en devise convertible (euro, dollar, etc.).

Ce dispositif vise à limiter l’évasion de capitaux déguisée en opérations commerciales. Les compagnies étrangères convertissaient les recettes encaissées en dinar vers leurs comptes en devise à l’étranger, sans que les fonds transitent par la Banque d’Algérie ou soient soumis à contrôle fiscal.

Pratiques frauduleuses mises au jour

Depuis 2016, plusieurs enquêtes douanières ont mis en évidence des pratiques répétées de contournement des règles monétaires. Des billets ont été émis à plusieurs reprises sous le même nom sans contrôle, les montants facturés ont souvent été sous-déclarés, et certains titres de transport ont été utilisés pour transférer des montants bien supérieurs à leur valeur réelle.

Ces opérations ont permis à plusieurs compagnies étrangères de transférer massivement des devises en dehors des canaux bancaires officiels. Selon les données publiées dans la presse algérienne, ces pratiques auraient perduré plus de trente ans, générant des pertes importantes pour le Trésor public.

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Mise en conformité imposée aux agences de voyages

Les agences de voyages algériennes ont été officiellement informées par courrier des nouvelles procédures. Plusieurs compagnies ont adressé des correspondances d’urgence les invitant à respecter scrupuleusement les directives de la Banque d’Algérie. Chaque transaction devra désormais faire l’objet d’une vérification du type de vol, du niveau de tarification et du mode de paiement.

Les agences sont également tenues de conserver les justificatifs de paiement en devise et de les transmettre aux services compétents en cas de contrôle. L’administration douanière, en coordination avec la Banque d’Algérie, prévoit des audits réguliers.

Protéger les réserves de change de l’État

L’ensemble de ces mesures vise à protéger les réserves de change de l’État. Le paiement des billets en dinar, combiné à un rapatriement des recettes en devise, a constitué une source continue de perte pour les finances publiques. L’encadrement strict des opérations commerciales dans le transport aérien vise à sécuriser les flux de devises, améliorer la traçabilité des transactions internationales et rétablir une concurrence loyale entre les opérateurs.

La mise en place du système ALCES et l’application rigoureuse des règlements monétaires marquent un tournant dans la politique économique de l’Algérie en matière de contrôle des échanges. Les acteurs du secteur devront désormais s’aligner sur un cadre réglementaire plus structuré, centré sur la transparence et la conformité.

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