Le taux de change de l’euro face au dinar algérien enregistre une baisse surprise sur le marché parallèle en Algérie, un phénomène inattendu à l’approche de la saison estivale. Alors que la demande en devises étrangères devrait normalement augmenter durant cette période, l’euro perd du terrain depuis la fin mai 2025.
Au Square Port-Saïd, principal centre d’échange parallèle des devises à Alger, le taux de change de l’euro s’établit, ce samedi 31 mai, à 258 dinars algériens pour un euro, soit 25'800 dinars pour un billet de 100 euros. Cette baisse intervient après une progression amorcée en avril et confirmée en mai, ce qui rend le recul d’autant plus surprenant. Parallèlement, le dollar américain reste stable autour de 232 dinars, équivalent à 23'200 dinars pour un billet de 100 dollars.
Le marché parallèle, où s’échangent la majorité des devises étrangères, continue de refléter une forte demande face à une offre limitée sur le marché officiel. Cette situation maintient un écart significatif entre les taux officiels et parallèles. En effet, la différence atteint environ 73 % pour l’euro et 75 % pour le dollar, soulignant les tensions persistantes sur le marché des changes informel.
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Absence de mesures économiques explicatives
Aucune évolution réglementaire ou événement économique récent ne justifie directement cette baisse du taux de change de l’euro. L’allocation touristique de 750 euros, destinée à faciliter l’accès aux devises pour les voyageurs, n’a pas encore été mise en place. La Banque d’Algérie reste discrète sur le déploiement des bureaux de change dans les ports et aéroports, chargés de distribuer cette allocation.
Ce retard dans la mise en œuvre contribue à maintenir une incertitude sur le marché parallèle. Sans injection supplémentaire de devises par les canaux officiels, le marché noir continue d’exercer une pression importante sur le taux de change, même si le recul observé pourrait indiquer une baisse temporaire de la demande ou un ajustement technique.
La promesse de porter l'allocation touristique à 750 euros a permis au dinar de gagner un peu de terrain sur le marché parallèle.
Avec la cacophonie qui règne depuis 6 mois, l'euro est revenu à son pic. Le dinar est au bord de l'asphyxie.https://t.co/vTYfzQezpQ— Abed Charef (@AbedCharef) May 28, 2025
Contexte économique et implications
Le contexte économique algérien, marqué par des contraintes sur les réserves de change et une inflation modérée, pèse sur la stabilité du dinar. La gestion des devises étrangères par la Banque d’Algérie demeure un facteur déterminant dans l’évolution du taux de change officiel, mais elle peine à répondre aux besoins du marché informel.
Le maintien d’écarts significatifs entre taux officiel et taux parallèle illustre les déséquilibres structurels du système monétaire algérien. La forte demande en devises pour les importations, les voyages et les besoins personnels alimente un marché parallèle dynamique où les taux sont nettement plus élevés.
À l’approche des vacances d’été, période généralement marquée par une hausse de la demande en devises, la baisse actuelle du taux de change de l’euro constitue une anomalie. Ce phénomène nécessite un suivi attentif, notamment pour anticiper ses répercussions sur l’économie réelle et le pouvoir d’achat des citoyens.
