Regroupement familial et naturalisation : ce pays Schengen durcit sa législation

Le Portugal, membre de l’espace Schengen, vient d'annoncer une réforme majeure de sa politique migratoire, avec un durcissement notable des conditions d'accès à la nationalité et au regroupement familial. Ces mesures s'inscrivent dans une volonté gouvernementale de mieux contrôler les flux migratoires tout en favorisant l'arrivée de talents qualifiés.

Lors d'une déclaration officielle, Antoni Leitao Amaro, ministre de la Présidence du Conseil des ministres, a confirmé le 14 juin 2025 que le délai de résidence requis pour obtenir la citoyenneté portugaise allait doubler, rapporte Schengen News. Les demandeurs devront désormais justifier de dix années de résidence légale contre cinq auparavant.

Cette décision fait suite à des débats parlementaires sur l'intégration des migrants, où il a été question d'exclure la période entre la demande et l'obtention du titre de séjour du calcul de la résidence légale. Le gouvernement portugais entend ainsi réviser en profondeur la loi sur la nationalité. Ces changements interviennent alors qu'une pétition demandait justement à prendre en compte la durée des procédures administratives dans le calcul du temps de résidence requis.

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Une refonte complète du regroupement familial

Le deuxième volet de cette réforme concerne le regroupement familial, dont les conditions vont être considérablement resserrées. Les autorités portugaises justifient cette mesure par la nécessité de préserver les capacités d'accueil des services publics et de garantir une intégration réussie des nouveaux arrivants.

Concrètement, le Portugal souhaite désormais réserver les visas de recherche d'emploi aux seuls candidats hautement qualifiés. Une maîtrise de la langue portugaise pourrait devenir un critère déterminant dans l'évaluation des dossiers. Ces modifications s'accompagneront de nouvelles procédures visant spécifiquement à attirer et retenir les talents étrangers, avec une attention particulière portée aux émigrants portugais et à leurs descendants.

Une politique migratoire plus sélective

La nouvelle équipe gouvernementale fait clairement le choix d'une immigration plus qualitative que quantitative. "Nous devons adapter notre politique migratoire aux réalités économiques et sociales du pays", a déclaré le ministre Amaro lors de sa conférence de presse. Cette orientation reflète les promesses de campagne du Premier ministre Montenegro, qui avait placé la gestion des flux migratoires au cœur de son programme pour ce nouveau mandat.

Les mesures annoncées s'inscrivent dans une tendance européenne plus large de durcissement des politiques migratoires. Le Portugal, traditionnellement considéré comme l'un des pays Schengen les plus accueillants, semble ainsi vouloir trouver un nouvel équilibre entre ouverture et contrôle des frontières.

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