Nouvelles règles de la Banque d’Algérie : le dinar, seule monnaie des paiements digitaux

La Banque d’Algérie vient de donner un signal fort au secteur des paiements numériques. Depuis le 17 août 2025, toutes les transactions électroniques doivent être effectuées exclusivement en dinar algérien et à l’intérieur du territoire national.

La Banque d’Algérie a publié, mardi, l’instruction n°06-2025 fixant les règles encadrant l’activité et le fonctionnement des prestataires de services de paiement (PSP). Ce texte, qui vient compléter le règlement n°25-02 du 14 avril 2025 publié au Journal officiel, précise les modalités opérationnelles de leur exercice après avoir déjà établi les conditions d’agrément et d’autorisation pour la création de ces prestataires.

L’objectif de l’instruction est de renforcer la sécurité des transactions, de protéger les fonds des usagers en imposant une stricte séparation entre l’argent des clients et celui des opérateurs, et de garantir une transparence accrue grâce à des contrats clairs et à l’utilisation obligatoire de mécanismes d’authentification forte. Cette réforme s’inscrit dans la volonté de la Banque d’Algérie de structurer l’écosystème des paiements numériques, d’imposer l’usage exclusif du dinar dans les transactions électroniques et de consolider la souveraineté monétaire tout en favorisant la confiance et l’adoption du paiement digital dans le pays.

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Un dispositif centré sur la sécurité des fonds

La nouvelle réglementation oblige les prestataires de services de paiement à séparer strictement leurs capitaux propres des dépôts des clients. Pour cela, ils devront loger l’argent des usagers dans un « compte de cantonnement » ouvert auprès d’une banque. Ce compte devra être ajusté chaque jour afin de correspondre au solde global des utilisateurs. Cette mesure est conçue pour protéger les clients et instaurer un climat de transparence dans la gestion des flux financiers.

La Banque d’Algérie a également mis en place une organisation progressive des comptes de paiement. Le premier niveau, limité à cent mille dinars, peut être ouvert sur la base d’une simple fiche d’identification. Le deuxième, dont le plafond est fixé à cinq cent mille dinars, nécessite la présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de revenus. Le troisième, autorisant jusqu’à un million de dinars, impose une procédure d’identification plus stricte incluant une visioconférence. Ce système permet d’adapter les exigences aux montants traités et de renforcer la traçabilité des opérations.

Transparence et protection des utilisateurs

Chaque client devra désormais signer un contrat écrit avec son prestataire. Celui-ci devra mentionner les conditions d’ouverture et de clôture du compte, la liste des services proposés, les frais appliqués et les procédures de réclamation. Les opérateurs seront également tenus de délivrer un reçu pour chaque transaction, contenant les informations essentielles telles que l’identité du prestataire, le montant, la date et le numéro de référence.

Afin de limiter les abus, la Banque d’Algérie impose l’utilisation de mécanismes d’authentification forte qui sécurisent l’identité de l’utilisateur et la validité de chaque opération. L’ouverture de plusieurs comptes de paiement auprès du même prestataire sera interdite. Ces mesures viennent compléter un dispositif global destiné à réduire les risques de fraude et à consolider la confiance dans l’usage des services numériques.

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Le rôle des agents strictement encadré

Les prestataires de services de paiement pourront déléguer certaines activités à des agents, mais dans des conditions bien précises. Ces derniers devront être enregistrés légalement, disposer des moyens techniques nécessaires et gérer un compte bancaire exclusivement dédié à cette activité. Ils ne pourront pas sous-traiter leurs missions et n’auront pas le droit de facturer de frais supplémentaires aux utilisateurs. La responsabilité juridique restera toujours à la charge du prestataire principal, garantissant ainsi une continuité dans la protection du consommateur.

La réglementation impose également aux opérateurs de souscrire une assurance professionnelle ou un cautionnement bancaire couvrant l’ensemble de leurs engagements. En cas de retrait d’agrément, ils devront restituer l’intégralité des fonds des clients dans un délai maximum de trois mois, sans aucun frais additionnel. Cette disposition offre une sécurité supplémentaire aux utilisateurs et consolide la crédibilité du système.


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