Les exportations de gaz algérien rencontrent des obstacles croissants sur le marché européen. Cette pression découle de l'émergence de nouveaux fournisseurs et de transformations structurelles de la demande. La concurrence pour sécuriser des parts de marché s'intensifie.
Une étude de l'Organisation des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole (OAPEP), publiée lundi 2 septembre 2025 par le média spécialisé Attaqa, analyse en détail ces défis. Elle identifie les États-Unis comme le principal concurrent des exportateurs traditionnels que sont le Qatar et l'Algérie. Ce repositionnement date de l'envoi de la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l'Europe en 2016.
La guerre russo-ukrainienne en 2022 a ensuite accéléré cette tendance. Les parts de marché combinées du Qatar et de l'Algérie sont passées de 36% avant la crise à environ 22% après son déclenchement. Dans le même temps, la part des États-Unis est passée de 28% à 46%, faisant d'eux le principal fournisseur de GNL vers l'Europe.
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Les nouveaux défis réglementaires européens
Le secrétaire général de l'OAPEP, l'ingénieur Jamel Al-Loughani, a exposé les conséquences profondes de la crise énergétique. Celle-ci a provoqué un changement radical des priorités stratégiques de l'Union européenne. Plusieurs nouvelles réglementations sont venues complexifier le paysage pour les exportateurs.
La nouvelle réglementation sur le méthane, approuvée en 2024, en est un exemple significatif. Parallèlement, l'UE a opéré une transformation majeure, passant d'un "marché résiduel" à un "centre de demande" central pour le GNL, modifiant ainsi les flux et la dynamique des échanges sur le continent.
L'impact de la stratégie européenne REPowerEU
La réponse politique de l'UE a été formalisée through le plan REPowerEU. Cette stratégie vise à garantir l'indépendance énergétique du bloc vis-à-vis des combustibles fossiles russes avant la fin de l'année 2027. L'ingénieur Al-Loughani a reconnu que le GNL avait agi comme une "bouée de sauvetage" pour l'économie européenne durant la crise.
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Cependant, ce plan a également instauré une concurrence accrue entre tous les fournisseurs désireux d'accéder au marché européen. Malgré la diversification des sources, le gaz russe demeure un concurrent sérieux, représentant 17% des importations européennes de GNL en 2024, contre 12% en 2023.
Les perspectives d'avenir pour les exportateurs
À moyen et long terme, les exportateurs de gaz, dont l'Algérie, font face à un défi de taille : la baisse structurelle de la demande de gaz en Europe. Cette tendance, si elle se confirme, réduira considérablement la taille du marché gazier européen. L'OAPEP appelle à un dialogue constructif entre les producteurs et les consommateurs, sur le modèle des conférences annuelles organisées par les pays asiatiques.
L'organisation plaide pour que le gaz naturel ne soit plus considéré comme une simple "énergie de transition" mais comme une "énergie de destination", indispensable pour accompagner la transformation énergétique mondiale pendant les décennies à venir, en raison de la demande énergétique globale croissante.
