Le gouvernement français a acté la fin des aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants étrangers originaires de pays hors Union européenne (UE). Cette décision, intégrée au projet de loi de finances 2026, s'inscrit dans une politique de maîtrise des dépenses publiques. Elle vise spécifiquement les étudiants extracommunautaires non boursiers.
Le projet de loi de finances pour 2026, présenté à l'Assemblée nationale, entérine la suppression des APL pour les étudiants étrangers hors UE et non boursiers. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé cette mesure le samedi 18 octobre 2025, rapporte le média français L'Indépendant.
Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'« année blanche » sur les prestations sociales, évoquée durant l'été 2025 par l'ancien Premier ministre François Bayrou. L'adoption de cette mesure intervient après le rejet de deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, le jeudi 17 octobre 2025.
Les justifications gouvernementales et les économies attendues
La porte-parole du gouvernement a justifié cette réforme dans les colonnes du Parisien. Maud Bregeon a déclaré : « Cette suppression vise les étudiants hors Union européenne et non boursiers. Quand un Français va étudier aux États-Unis ou en Chine, il n'a droit à rien. À l'heure où des efforts sont demandés aux Français, chacun peut comprendre cette mesure ».
Le gel général des APL à leur niveau de 2025 doit générer une économie de 108 millions d'euros pour l'État. Toutefois, le document budgétaire ne précise pas le montant des économies supplémentaires attendues de la suppression ciblée sur les étudiants étrangers.
L’impact de la suppression des APL sur les étudiants étrangers
Les données du ministère de l'Intérieur indiquent que plus de 110 000 titres de séjour « étudiant » ont été délivrés en 2024. Les étudiants étrangers représentent environ 15 % de l'effectif total des étudiants en France, selon les chiffres de Campus France.
🚨🚨 Le budget 2026 prévoit la suppression des APL pour les étudiants étrangers.
Une mesure injuste qui vient faire des économies sur le dos des plus précaires, de façon purement discriminante.
Il faut se mobiliser pour l'empêcher ‼️ pic.twitter.com/bXHVxujRLI
— Éléonore Schmitt (@eleonorescht) October 14, 2025
Le plafond d'emploi de 964 heures annuelles, représentant 60 % de la durée légale du travail, limite leurs ressources. Les APL constituent donc pour beaucoup une aide financière indispensable pour faire face aux dépenses de logement.
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Les réactions des associations et syndicats étudiants
La co-secrétaire générale de l'Union étudiante, Léa Jules-Clément, a qualifié les APL d'« aides vitales ». Elle a rappelé que les étudiants étrangers paient des frais d'inscription majorés et sont exclus du système de bourses sur critères sociaux du Crous.
La présidente de la Fage, Suzanne Nijdam, s'est exprimée lors d'un entretien avec l'AFP. Elle a estimé que « retirer les APL pour les étudiants extracommunautaires non boursiers, c'est vraiment mettre à la porte quasiment l'ensemble des étudiants extracommunautaires de notre système universitaire ». Cette mesure pourrait concerner plusieurs dizaines de milliers d'étudiants.
