Le visa doré du Portugal, officiellement appelé « programme de résidence par investissement », a été créé en octobre 2012 par le gouvernement portugais afin de stimuler l’économie nationale après la crise financière. Ce dispositif permet à un ressortissant non européen d’obtenir un permis de séjour temporaire en échange d’un investissement dans le pays.
Selon les données du Service des étrangers et des frontières (SEF)), plus de 12 000 investisseurs ont bénéficié de ce programme depuis son lancement, générant plus de 7,5 milliards d’euros d’investissements. Les formes d’investissement admises incluent notamment la création d’entreprises, la participation à des fonds d’investissement agréés par la Commission des marchés de valeurs mobilières (CMVM), ou encore des dons destinés à la recherche scientifique et au patrimoine culturel. Jusqu’en 2023, l’acquisition d’un bien immobilier constituait l’option la plus utilisée par les demandeurs de visa doré.
Fin de l’investissement immobilier dans le visa doré
En 2023, le gouvernement portugais a adopté la loi nº 56/2023, qui a supprimé la possibilité d’obtenir le visa doré par l’achat d’un bien immobilier. Cette décision a mis fin à une décennie de flux d’investissements immobiliers étrangers, principalement concentrés à Lisbonne, Porto et sur la côte de l’Algarve. Le ministre du Logement, Marina Gonçalves, avait alors déclaré que cette mesure visait à « limiter les pressions sur le marché résidentiel et à recentrer les investissements vers des activités productives ».
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Les nouvelles modalités autorisent désormais uniquement les investissements dans des fonds destinés à soutenir l’innovation, la recherche scientifique, la santé, la transition énergétique, les industries culturelles et les technologies vertes. Les investisseurs doivent engager un montant minimum de 500 000 euros dans un fonds agréé, sans lien avec le marché immobilier.
Réforme de 2025, des conditions plus strictes
A l'été 2025, le gouvernement portugais a présenté une nouvelle réforme de la loi sur la nationalité. Celle-ci modifie les conditions de naturalisation pour les titulaires du visa doré. La durée minimale de résidence passe de cinq à dix ans avant de pouvoir demander la citoyenneté portugaise. Les demandeurs doivent prouver une maîtrise du portugais au niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues. L’examen linguistique doit être passé dans un centre agréé par l’Institut Camões.
La réforme introduit également un test civique obligatoire. Ce test comprend des questions sur la Constitution portugaise, le fonctionnement des institutions publiques et les principaux repères historiques du pays. Le ministère de l’Administration interne a précisé que ces exigences visent à « renforcer l’intégration des résidents à long terme dans la société portugaise ».
Par ailleurs, le casier judiciaire du demandeur doit être vierge de toute condamnation impliquant une peine d’emprisonnement, même avec sursis. Cette disposition s’applique à tous les titulaires de permis de séjour, y compris ceux obtenus par investissement.
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Impact sur les investisseurs étrangers
La fin de la voie immobilière et l’allongement du délai de naturalisation transforment profondément la structure du visa doré. Selon les données publiées par l’Associação Portuguesa de Resorts (APR), la part des investissements immobiliers représentait près de 90 % des demandes entre 2012 et 2022. La réorientation vers des fonds d’investissement encadrés réduit la spéculation foncière et oriente le dispositif vers des secteurs économiques jugés durables.
Les cabinets spécialisés en mobilité internationale soulignent toutefois la nécessité d’une clarification sur les dossiers déposés avant la réforme. Les investisseurs ayant engagé des procédures avant octobre 2023 continuent d’être éligibles aux anciennes règles jusqu’à la clôture de leur demande. Le gouvernement portugais a confirmé cette clause transitoire afin d’éviter toute rupture de sécurité juridique.
Un dispositif en phase de redéfinition
Depuis 2025, le visa doré portugais se concentre sur des objectifs économiques différents de ceux de ses débuts. Les nouveaux investissements ciblent l’innovation, les start-ups technologiques et les projets à impact social. Le programme conserve ses principaux avantages administratifs : un permis de séjour valable deux ans, renouvelable pour des périodes de trois ans, et la possibilité de voyager librement dans l’espace Schengen.
Malgré les changements introduits, le visa doré du Portugal demeure un instrument de politique migratoire et économique encadré par la loi, ouvert aux investisseurs internationaux disposés à s’engager dans les secteurs définis par le gouvernement. La réforme de 2025 marque une étape importante dans l’évolution du dispositif, qui s’inscrit désormais dans un cadre réglementaire plus strict et centré sur l’investissement productif.
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