Un tunnel sous la Méditerranée reliant l’Afrique à l’Europe pourrait devenir une réalité. Une étude récente confirme la faisabilité technique de cet ouvrage entre le Maroc et l’Espagne, via le détroit de Gibraltar. Le projet, longtemps évoqué, pourrait entrer en phase de planification dans les prochaines années.
La société allemande Herrenknecht, spécialisée dans les technologies de forage, a finalisé une étude de faisabilité portant sur un tunnel reliant le Maroc à l’Espagne via le détroit de Gibraltar. Selon le journal français Le Point, les résultats ont été communiqués aux gouvernements des deux pays et confirment la faisabilité technique de l’ouvrage. L’étude prend en compte les contraintes géologiques de la zone, notamment au niveau de la crête de Camarinal, identifiée comme l’un des secteurs les plus complexes du tracé envisagé.
Le tunnel sous la Méditerranée relierait la région de Tanger, côté marocain, à la zone de Tarifa, en Espagne. Sa longueur totale est estimée à environ 40 kilomètres. Le terminal espagnol serait situé à Vejer de la Frontera, avec une connexion à la ligne ferroviaire Cadix–Séville. Le projet prévoit une infrastructure ferroviaire destinée au transport de passagers et de marchandises.
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Calendrier prévisionnel et coût estimé
La mise en œuvre du projet nécessiterait dix années de travaux. Une première phase consisterait à construire un tunnel exploratoire, dont la réalisation est évaluée entre six et neuf ans. La décision politique de lancer ce chantier pourrait intervenir avant l’été 2027, selon les responsables impliqués dans le dossier.
🇲🇦🇪🇸|Le tunnel Maroc-Espagne est techniquement viable
Une étude de faisabilité menée par la société Herrenknecht 🇩🇪 a conclu que la technologie actuelle permet de concrétiser le projet notamment dans la zone du seuil de Camarinal, le point le plus difficile du tracé sous-marin. pic.twitter.com/EhxQ17i0HF
— Moroccan History 🇲🇦۞ (@MoroccanSories) October 30, 2025
Le coût prévisionnel de l’ensemble du projet dépasse 8,5 milliards d’euros. Ce montant inclut la réalisation du tunnel principal, les gares de terminus, les équipements techniques et les galeries annexes. Une participation financière de l’Union européenne est envisagée, notamment à travers les dispositifs de financement mis en place dans le cadre de la relance post-Covid.
Tunnel sous la Méditerranée : une idée ancienne relancée en 2021
L’idée d’un tunnel sous le détroit de Gibraltar remonte à la fin du XIXe siècle, mais c’est en 1979 qu’un accord officiel a été signé entre Rabat et Madrid pour étudier sa faisabilité. Plusieurs décennies d’analyses ont suivi, sans qu’une phase de réalisation ne soit engagée. En 2021, le gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez a relancé le projet, avec le soutien de l’Union européenne.
Les deux pays ont depuis organisé plusieurs missions techniques, notamment en Norvège, pour observer des projets similaires comme le tunnel Rogfast, actuellement en construction. Ces visites permettent de tirer des enseignements techniques en vue d’un chantier sous-marin de grande ampleur.
Vers une interconnexion entre les deux continents
Le tunnel devrait permettre la circulation de trains à grande capacité, assurant le transport de voyageurs et de fret entre les deux rives. Le projet prévoit également le passage de câbles électriques et de fibres optiques, dans une logique d’interconnexion des réseaux entre l’Europe et l’Afrique.
Le début des travaux est envisagé à l’horizon 2030, en parallèle de l’organisation conjointe de la Coupe du monde de football 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Ce calendrier pourrait favoriser la coordination logistique et institutionnelle du projet. La décision finale reste attendue pour les prochaines années, en fonction des engagements budgétaires et politiques des deux gouvernements.
