Aéronautique : 1 500 avions Airbus équipés de pièces fabriquées en Algérie

L'industrie aéronautique algérienne confirme sa montée en puissance sur la scène internationale. Un contrat majeur vient d'être révélé dans le cadre d'une visite parlementaire consacrée au secteur industriel. Cette avancée symbolise le renouveau de plusieurs unités de production nationales.

L'information a été dévoilée lors d'une mission d'information de la Commission des affaires économiques, de l'industrie, du commerce et de la planification de l'Assemblée populaire nationale (APN). Présidée par Samira Barhoum, la commission a inspecté plusieurs usines récemment reprises par l'État dans le cadre de la lutte contre la corruption. Ces visites se sont déroulées dans les wilayas de Jijel, Guelma et Constantine.

Lors de son passage dans la zone industrielle de Ouled Salah à Jijel, la commission a visité l'entreprise « Somemi ». Les parlementaires ont alors appris que cette société exportait des pièces détachées pour 1 500 avions de la gamme Airbus. Cette information a été rapportée par la présidente de la commission dans un entretien accordé au journal Echorouk.

Économie Algérie : 9 cargaisons pétrolières exceptionnelles expédiées vers 8 pays en 2026

Un contrat d'exportation aux dimensions internationales

Le contrat liant l'entreprise algérienne « Somemi » au géant européen de l'aéronautique concerne la fourniture de composants pour 1 500 appareils. Cette livraison positionne l'Algérie comme un fournisseur intégré dans la chaîne de valeur d'un constructeur mondial majeur. L'entreprise n'en est pas à sa première réalisation dans le secteur de haute technologie.

Toujours selon les informations recueillies par la commission parlementaire, « Somemi » exporte également des pièces pour des satellites et des composants pour des camions. La société prépare, en outre, une expansion de ses activités avec un partenariat pour la production de pièces médicales implantables. Une augmentation des volumes d'exportation dans ce domaine est anticipée pour l'année prochaine.

Un contexte industriel en restructuration

Cette performance intervient dans un paysage industriel algérien en pleine mutation. La commission de l'APN a examiné plusieurs unités récemment reprises par l'État, comme le complexe de concassage de graines oléagineuses repris aux frères Kouninef et les usines du groupe Benamor. Samira Barhoum a indiqué que la reprise de ces unités était un « décision souveraine » ayant permis de redémarrer des capacités industrielles majeures.

La commission a constaté, selon sa présidente, que la plupart de ces usines fonctionnaient désormais avec des normes de production mondiales. Elle a cité l'exemple du complexe sidérurgique de Bellara à Jijel, qui emploie 120 experts étrangers pour le transfert de technologie. Le port de Djen-Djen a également été présenté comme opérationnel avec des standards internationaux.

Économie Gazoduc transsaharien : nouveau coup au projet marocain concurrent

D'autres projets industriels examinés

Outre le contrat aéronautique, la mission parlementaire a recensé plusieurs autres projets structurants. À Constantine, elle a visité l'usine de tracteurs « Cirta » qui produit des modèles dont le prix démarre à 420 millions de centimes. L'entreprise « Gica » de Hamma Bouziane a présenté une capacité de production de ciment dépassant le million de tonnes par an.

Dans la wilaya de Guelma, les parlementaires se sont penchés sur la situation difficile de l'usine de céramique « Sarl Iter », à l'arrêt depuis octobre 2023. La visite a également concerné une unité de pâtes sans gluten du groupe « Agrodiv », confrontée à des difficultés de commercialisation malgré la qualité de ses produits. La commission prévoit de transmettre l'ensemble des préoccupations recueillies au ministre de l'Industrie dans les prochains jours.


Vous aimez cet article ? Partagez !