Visa Schengen et expulsions : l’UE prépare des mesures d’urgence

Les ministres de l’Intérieur des pays membre de l’Union européenne se retrouvent le 5 mars 2026 à Bruxelles pour aborder un dossier sensible : les expulsions et la gestion du Visa Schengen. Cette réunion intervient dans un contexte marqué par les tensions autour de l’Iran et par les débats persistants sur la maîtrise des flux migratoires vers l’Europe.

Au centre des discussions figure la question des retours. Les États membres cherchent à améliorer les mécanismes permettant de renvoyer les personnes qui ont reçu une décision de quitter le territoire européen. Selon un diplomate européen de haut rang, les ministres examineront en priorité les dispositifs destinés à encourager les retours volontaires vers les pays d’origine.

La coopération avec le Liban et la Libye sera également évoquée. Ces deux pays jouent un rôle dans les routes migratoires vers l’Europe. L’Union européenne finance notamment un centre de garde côtière à Benghazi, dans l’est de la Libye, sous le contrôle du commandant Khalifa Haftar. Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à limiter les départs par voie maritime.

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L'impact jusqu'en Europe

La situation régionale ajoute une dimension supplémentaire aux échanges. Le Liban est affecté par le conflit déclenché par les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran. La France a envoyé un navire de guerre à Chypre afin de prévenir d’éventuelles menaces de drones iraniens. Ces développements alimentent les inquiétudes liées à un possible mouvement de population vers l’Europe.

À Chypre, la question des retours s’est déjà posée concrètement. Après la chute du régime d’Assad en Syrie, les autorités chypriotes ont encouragé les Syriens présents sur l’île à envisager un retour volontaire. En 2025, environ 7 800 départs ont été enregistrés dans le cadre d’une initiative gouvernementale destinée à réduire la pression sur les centres d’accueil. Corina Drousiotou, représentante du Cyprus Refugee Council, a déclaré à EUobserver : « ce n’est pas que les gens sont forcés ou menacés de retourner en Syrie. Ce sont les conditions et l’environnement qui ont poussé les personnes dans cette direction ».

Des pouvoirs policiers élargis en discussion

La réunion des ministres intervient quelques jours avant un vote en commission au Parlement européen sur un projet de loi consacré aux expulsions. Le texte prévoit d’accélérer les expulsions des demandeurs d’asile déboutés. Il pourrait aussi autoriser les forces de police à effectuer des perquisitions dans les logements soupçonnés d’héberger des migrants en situation irrégulière.

Les ministres examineront également la possibilité d’élargir les compétences d’Europol, l’agence de police de l’Union européenne. Cette réflexion s’inscrit dans la feuille de route de la Commission européenne pour les cinq prochaines années en matière de migration.

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Lors d’une intervention devant les députés européens, Magnus Brunner, commissaire européen aux affaires intérieures, a déclaré : « vous pourriez dire que la politique des visas est la première ligne de défense de Schengen contre l’immigration illégale ». La gestion du Visa Schengen constitue en effet un levier important dans la politique migratoire européenne.

Chaque année, les États membres délivrent environ 10 millions de visas. Plus de 60 pays bénéficient d’une exemption de visa pour des séjours de courte durée. En 2025, près de deux millions de demandes de visas Schengen ont été rejetées, principalement pour des motifs liés à la migration ou à la sécurité.

Nouvelles règles d’asile et mécanisme de crise

Les ministres aborderont enfin l’entrée en vigueur, prévue en juin 2026, des nouvelles règles européennes en matière d’asile. Un règlement spécifique permettra aux États membres d’appliquer des dérogations temporaires aux procédures habituelles en cas « d’arrivées massives de ressortissants de pays tiers ».

La Commission européenne a indiqué que ce mécanisme pourrait être utilisé en cas d’afflux important de personnes fuyant l’Iran. Certains observateurs rappellent qu’en 2020, la Grèce avait suspendu temporairement l’enregistrement des demandes d’asile après l’arrivée d’un grand nombre de migrants depuis la Turquie.

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Un diplomate européen de haut rang a précisé que les États membres finalisent actuellement leurs dispositifs juridiques, administratifs et opérationnels afin d’être prêts pour l’application de ces nouvelles règles.


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