À Paris-I, des enseignants protestent contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers

La hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers en France suscite des réactions au sein du milieu universitaire. À Paris-I, un mouvement de contestation s’organise autour d’une décision votée pour le budget 2026. Des enseignants et doctorants ont engagé une action pour faire pression sur l’administration.

À l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, le conseil d’administration a adopté une hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extracommunautaires dans le cadre du budget 2026. Les montants annoncés atteignent 2 895 euros par an pour une licence et 3 941 euros pour un master.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement du plan « Bienvenue en France », lancé en 2019 par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Ce dispositif autorise les universités françaises à appliquer des droits différenciés pour les étudiants non européens. En 2019, Paris-I avait choisi de ne pas appliquer cette mesure en exonérant les étudiants concernés.

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Une mobilisation lancée par des enseignants et doctorants

Depuis le 16 décembre 2025, plus d’une centaine d’enseignants, doctorants, vacataires et attachés temporaires d’enseignement et de recherche participent à un mouvement de rétention des notes. Cette action consiste à ne pas transmettre les résultats d’examens afin de perturber le processus de validation des diplômes.

Parmi les personnes mobilisées figure Inès Odette Ternons, doctorante et enseignante à Paris-I. Elle critique cette hausse des frais et déclare : « Cette année, pour le budget 2026, le conseil d’administration a voté une explosion des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères. Ils sont multipliés par 16. »

Les arguments de la présidence de l’université

La présidente de l’université Paris-I, Christine Neau-Leduc, justifie cette décision par la situation financière de l’établissement. Selon la direction, l’université doit trouver environ 7 millions d’euros pour équilibrer son budget 2026.

La présidence évoque également le risque d’une mise sous tutelle par le rectorat en cas de déficit. Face à la mobilisation, elle a averti que des sanctions disciplinaires pourraient être engagées contre les enseignants participant à la rétention des notes. Des démarches ont été lancées pour identifier les personnes impliquées.

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Des conséquences redoutées pour les étudiants étrangers

À la suite de la mobilisation, une première mesure a été annoncée : les étudiants étrangers déjà inscrits dans un cycle pourront poursuivre leurs études jusqu’à l’obtention de leur diplôme. Cette disposition ne concerne pas les nouveaux étudiants.

Selon les enseignants mobilisés, cette hausse des frais pourrait avoir des effets sur l’accès aux études supérieures. Certains étudiants pourraient rencontrer des difficultés pour financer leur formation ou pour renouveler leur titre de séjour, une procédure souvent liée à la poursuite des études en France.


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