Hausse des frais d’études en France : les étudiants algériens vont-ils changer de destination ?

La hausse annoncée par le ministère de l’Enseignement supérieur de France prévoit la généralisation de l'augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne. Cette décision s’applique à l’ensemble des universités publiques françaises. Dans ce contexte, les étudiants algériens figurent parmi les profils concernés par cette évolution tarifaire.

À partir de la rentrée universitaire 2026, les étudiants étrangers hors Union européenne devront s’acquitter de nouveaux frais d’inscription. Les montants annoncés sont les suivants, 2895 euros par an pour une licence et 3941 euros pour un master.

Ces tarifs s’appliqueront uniquement aux étudiants non européens. En parallèle, les étudiants français et ressortissants de l’Union européenne continueront de payer 178 euros pour une licence et 254 euros pour un master. La réforme a été adoptée avec un objectif financier estimé à 250 millions d’euros. Elle concerne les 78 universités publiques du pays.

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Les étudiants algériens directement concernés

Les Algériens représentent une part importante des étudiants étrangers inscrits dans les universités françaises. Ils sont près de 30'000 étudiants algériens inscrits dans les universités françaises. À l’Université Toulouse Paul Sabatier, 4814 étudiants sont issus de pays hors Union européenne. Cette catégorie inclut des profils venant d’Afrique du Nord.

Pour ces étudiants, le coût global des études comprend déjà plusieurs éléments, les frais de visa, le logement, les dépenses de vie courante et les démarches administratives. L’augmentation des frais d’inscription vient s’ajouter à ces charges.

Des réactions exprimées par les associations étudiantes

Plusieurs organisations étudiantes ont réagi à cette annonce en France. Léonie Chouat, présidente de l’Agemp Midi-Pyrénées, déclare : « C'est un frein dans leur parcours scolaire et une exclusion dans un système où ils peuvent apporter beaucoup ».

Elle s’appuie sur les données de Campus France pour évoquer l’impact économique des étudiants étrangers. Selon cette institution, ces étudiants génèrent environ 1,35 milliard d’euros par an. Léonie Chouat estime : « leur faire payer plus cher, parce qu'ils ne payent pas d'impôts en France ? Non, les étudiants rapportent bien plus qu'ils ne coûtent au pays, ils payent cher des visas pour entrer, ils font des stages et ensuite ils sont insérés dans le monde professionnel ».

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La hausse concerne uniquement les étudiants originaires de pays situés en dehors de l’Union européenne. Léonie Chouat indique que « c'est une mesure très dangereuse et discriminatoire parce qu'elle cible des nationalités spécifiques, ce ne sont pas tous les étudiants internationaux qui sont compris ».

Les universités alertent sur les conditions d’application

Des responsables d’établissements universitaires en France ont également pris position sur cette réforme. Odile Rauzy, présidente de l’Université Toulouse Paul Sabatier, déclare que « l’accueil des étudiantes et des étudiants du monde entier est une richesse à travers les échanges scientifiques mais aussi les partages culturels qu'ils occasionnent. De plus, leur présence participe au rayonnement et à l’attractivité des universités françaises ». Elle ajoute : « Nous exprimons la crainte d’un effet d’éviction en particulier pour les étudiants venant des pays les plus défavorisés ».

Une mise en œuvre jugée tardive par les établissements

Le calendrier de mise en place soulève des difficultés. Les étudiants étrangers ont déjà engagé leurs démarches pour la rentrée 2026. Les universités ont communiqué sur des conditions d’inscription qui ne prenaient pas en compte cette hausse.

Odile Rauzy précise que « les étudiants internationaux ont déjà orienté leur choix et les établissements communiquent sur les conditions d’exonération. Cette annonce tardive ne peut que provoquer des difficultés importantes lors de l’accueil des étudiants concernés en septembre ».

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À ce stade, l’Université Toulouse Paul Sabatier, dans le Sud-Ouest de la France, indique ne pas avoir encore pris de décision sur l’application de ces nouveaux droits d’inscription.


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