Expulsion des sans-papiers : la France et l’Italie en désaccord

La politique européenne sur l’expulsion des sans-papiers provoque une nouvelle tension entre Paris et Rome. Emmanuel Macron refuse les centres de retour hors de l’Union européenne, tandis que Giorgia Meloni défend ce modèle déjà expérimenté par l’Italie en Albanie.

Le désaccord est apparu au grand jour après le sommet européen de Bruxelles, les 18 et 19 juin 2026. Derrière cette divergence franco-italienne, c’est toute la stratégie migratoire européenne qui se durcit, avec une question centrale : comment renvoyer plus rapidement les personnes qui n’ont plus de droit au séjour ?

Expulsion des sans-papiers : pourquoi la France refuse les centres hors UE

Emmanuel Macron a clairement marqué ses distances avec les « hubs de retour », ces centres situés dans des pays tiers où pourraient être transférés des migrants en situation irrégulière. Le président français estime que ces structures ne sont pas efficaces et qu’elles posent un problème de principe pour l’Union européenne.

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Selon L'Opinion, le chef de l’État a déclaré à Bruxelles qu’il n’avait jamais vu de centre de retour dans un pays tiers fonctionner réellement. Il a aussi mis en doute la compatibilité de ce modèle avec les valeurs européennes.

La France ne rejette pas l’idée d’une politique de retour plus ferme. Paris soutient le principe d’une meilleure exécution des décisions d’éloignement. Mais l’Élysée refuse, à ce stade, de soutenir un système externalisé qui transférerait une partie de la gestion migratoire hors des frontières de l’UE.

L’Italie de Giorgia Meloni défend le modèle albanais

À Rome, la ligne est différente. Giorgia Meloni défend depuis plusieurs mois une approche plus dure, fondée sur la création de centres dans des pays partenaires. L’Italie a déjà conclu un accord avec l’Albanie pour y installer des structures destinées à traiter certains dossiers de migrants interceptés en Méditerranée.

Pour le gouvernement italien, ce modèle doit dissuader les départs irréguliers et accélérer les retours. Rome estime aussi que l’Union européenne doit sortir des réponses classiques, jugées insuffisantes face à la pression migratoire.

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Cette position gagne du terrain dans plusieurs pays européens. Le Danemark, les Pays-Bas, la Grèce ou encore la Pologne regardent avec intérêt ces solutions externalisées. L’Espagne et la France restent, elles, plus réservées.

Une nouvelle loi européenne durcit les retours

Le débat intervient quelques jours après le vote d’un texte majeur au Parlement européen. Le 17 juin 2026, les eurodéputés ont approuvé une loi destinée à accélérer les retours des ressortissants étrangers sans droit au séjour dans l’UE.

Ce texte prévoit notamment une coopération renforcée entre États membres, une meilleure reconnaissance des décisions d’éloignement et la possibilité de recourir à des centres de retour hors Union européenne. Les défenseurs du texte y voient un outil pour réduire l’écart entre les obligations de quitter le territoire et les expulsions réellement exécutées.

Les ONG et une partie de la gauche européenne dénoncent au contraire un durcissement dangereux. Elles craignent une baisse des garanties pour les demandeurs d’asile et un éloignement des personnes concernées vers des pays où leurs droits pourraient être moins protégés.

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