Le Canada a modifié ses règles pour les travailleurs temporaires étrangers déjà présents sur son territoire. La mesure concerne les titulaires d'un permis de travail valide. Elle leur permet de suivre une formation sans demander un permis d'études.
Depuis le 4 septembre 2026, les étrangers titulaires d’un permis de travail canadien valide peuvent suivre un programme d’études d’une durée maximale de six mois sans demander de permis d’études. Les autorités canadiennes ont annoncé cette mesure le 9 septembre, soit cinq jours après son entrée en vigueur.
Cette disposition permet aux travailleurs concernés de continuer à exercer leur emploi pendant leur formation. Elle vise des cursus courts destinés notamment à acquérir de nouvelles compétences professionnelles. Le permis de travail doit toutefois rester valide durant la période concernée.
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En temps normal, un ressortissant étranger peut déjà suivre une formation de six mois ou moins sans permis d’études, à condition que celle-ci se termine avant l’expiration de la période de séjour autorisée lors de son entrée au Canada. La nouvelle politique adapte ce cadre à la situation des travailleurs temporaires déjà installés dans le pays.
Une mesure annoncée dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre
Selon Courrier international, le gouvernement canadien présente cette mesure comme un moyen de « stimuler la croissance économique, de remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés et d’aider les travailleurs et travailleuses temporaires admissibles à maximiser leur contribution au Canada ».
Ottawa souhaite permettre à ces travailleurs d’obtenir des compétences recherchées sans interrompre leur activité. La politique reste temporaire et peut être révoquée à tout moment, sans préavis. Elle ne crée pas une nouvelle voie d’entrée au Canada et s’adresse uniquement aux étrangers qui possèdent déjà un permis de travail valide.
Expiration des permis de deux ans délivrés avant 2024
Cette décision intervient après plusieurs restrictions adoptées en 2024. Le gouvernement libéral avait alors décidé de réduire le recours aux travailleurs temporaires étrangers. Il avait notamment limité à 10 % la part de la main-d’œuvre qu’une entreprise pouvait recruter par l’intermédiaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires.
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Les permis de travail d’une durée de deux ans délivrés avant ces changements arrivent progressivement à expiration. Cette situation a provoqué des pertes d’emplois et des difficultés de recrutement dans plusieurs secteurs. Des travailleurs temporaires ont organisé des manifestations dans différentes provinces, notamment au Québec et au Manitoba.
Plus de 1,5 million de travailleurs temporaires au Canada
Au 30 juin 2026, le Canada comptait plus de 1,5 million de travailleurs temporaires titulaires d’un permis de travail. Le pays recensait également environ 630 000 étudiants étrangers disposant d’un permis d’études. La population canadienne s’établit à près de 41 millions d’habitants.
Au Québec, certaines entreprises continuent de recruter à l’étranger en raison de leurs besoins de main-d’œuvre, tandis que des travailleurs déjà installés perdent leur emploi à l’expiration de leur permis. Au Manitoba, des manifestations ont également été organisées. Lors d’un rassemblement tenu en juillet 2026, Ruby Lu, un ressortissant chinois dont le permis expire à la fin de l’année, a déclaré : « Nous venons ici pour quelques années, nous travaillons pendant quelques années, nous payons des impôts. Certains d’entre nous ont déjà acheté une maison. »
Cet assouplissement ne remet pas en cause l’objectif migratoire fixé par Ottawa. Le gouvernement affirme rester déterminé à ramener la population temporaire à moins de 5 % de la population totale du Canada d’ici à la fin de l’année 2027. La possibilité d’étudier sans permis supplémentaire constitue donc une disposition ciblée pour les travailleurs déjà présents, et non un programme destiné à attirer de nouveaux candidats étrangers.
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