Alors que le débat sur la récupération de l'argent détourné est toujours d'actualité, les familles des responsables traduits devant la justice se sont emparées des biens acquis par ces derniers afin d'éviter leur saisie. Cette manœuvre consiste à vendre les biens familiaux des responsables condamnés en première instance afin que la justice ne puisse pas les saisir à l'issue des jugements définitifs.

Le journal arabophone Echorouk a révélé que le fils aîné de l'ancien ministre de l'Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, avait mis en vente, ces dernières semaines, une luxueuse villa sise à côté du centre commercial « El Qods », à Alger. Ainsi, le fils de l'ancien ministre, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, envisage de céder la villa à 105 milliards afin de la soustraire des biens qui pourraient être saisis.

La villa en question a été obtenue par l'ancien ministre, en fuite à l'étranger et condamné à quatre reprises à 20 ans de prison ferme, de manière suspecte du temps où il était au gouvernement. Le fils de Bouchouareb a regroupé également tous les biens précieux, notamment trois voitures, pour les vendre. Il a aussi mis en vente une briqueterie à l'ouest d'Alger. Une fabrique appartenant initialement à son père.

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La même source indique que l’enquête a révélé que Abdeslam Bouchoureb avait menti concernant ses biens. L'ancien ministre est propriétaire de plusieurs entreprises en son nom et d'autres aux noms de ses frères et de sa femme. Il possède, entre autres, deux usines de fabrication de chocolat et de chips qui sont encore en activité, faute d'une décision de saisie.

La femme de Ali Haddad use du même stratagème

Par ailleurs, malgré la condamnation de l'ancien président du FCE, Ali Haddad, à 18 ans de prison ferme et la saisie de ses biens, une enquête a révélé que la femme de Haddad se déplaçait toujours avec les voitures de luxe appartenant à son mari. Elle a été également aperçue aux alentours des villas appartenant à l'homme d'affaires incarcéré.

La même source révèle que la femme de Haddad a déplacé, les semaines dernières, des biens se retrouvant à l’intérieur de la villa saisie par la justice. Elle a profité du vide juridique, du fait que l'homme d'affaires a fait appel de son jugement en première instance, pour déplacer tout ce qui a de la valeur pour éviter leur saisie après le verdict final.

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