La ville de Constantine, dans l'est de l’Algérie, s’apprête à vivre un long feuilleton judiciaire lié à de gros dossiers de corruption. C'est qu'a révélé, lundi 15 mars, le chef du service de la police judiciaire de la ville dans une conférence de presse. Oubekri Yazid a indiqué que plusieurs dossiers concernant des affaires de corruption avaient été transférés à la justice. 

Ainsi, ces affaires, qui ont occasionné des pertes colossales au Trésor public, vont être jugées. Il s'agit notamment des dossiers de l’aérogare internationale Mohamed-Boudiaf, du pont géant Transrhumel Salah-Bey, de l’événement « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 » et de l’Agence de la Banque nationale d’Algérie (BNA). Ces dossiers ont fait l’objet d’investigations et d'enquêtes poussées par les services de la police judiciaire de Constantine, dont dépend la brigade économique et financière.

D'anciens responsables politiques convoqués

La police, qui a entrepris des enquêtes, a entendu plusieurs ex-responsables politiques. Des personnalités de haut rang, à l'instar de l’ex-Premier ministre Noureddine Bedoui, de l’ex-ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, et du ministre des Transports entre 2008 et 2013, Amar Tou. D'autres responsables seront également convoqués dans les prochains jours, afin de situer leurs responsabilités dans la dilapidation de biens publics.

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La justice s’intéresse aussi à la gestion de l’événement « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 ». Une manifestation culturelle qui a englouti plus de 6 000 milliards de centimes. D'autres projets inscrits mais qui n'ont jamais abouti et d'autres abandonnés sont également concernés par ces enquêtes. Il y a, à titre d'exemple, le salon des expositions, qui devait être implanté sur une assiette mitoyenne à la grande salle de spectacles connue sous le nom du Zénith, également construite dans le cadre de l’événement « Constantine, capitale de la culture arabe ». Un événement qui a fait couler beaucoup d'encre vu sa gestion catastrophique.

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