Touchée de plein fouet par la pandémie de coronavirus et mise en danger par la compagnie Transavia -filiale low cost du groupe Air France dans le domaine du transport de voyageurs- Air Algérie va devoir faire face à une nouvelle concurrence dans le secteur du fret. En effet, Rabah Fessih a annoncé, samedi 27 mars à partir de Sétif, le projet de création de sociétés privées spécialisées dans le fret aérien. Elles seront spécialisées dans le transport de marchandises de et vers plusieurs pays. 

Le directeur de la promotion et du soutien aux échanges économiques a affirmé que cette décision avait été prise pour répondre aux préoccupations des opérateurs économiques dans la wilaya de Sétif. Ces opérateurs ont exposé, lors de ce conclave, le sempiternel problème du fret aérien et maritime, ainsi que les capacités des aéroports de la région. Cette rencontre a regroupé les opérateurs économiques de la wilaya de Sétif et une délégation composée de 35 diplomates algériens, conduite par un ambassadeur conseiller et le directeur de la promotion et du soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères.

Rabah Fessih a, en outre, indiqué qu'un opérateur privé avait d'ores et déjà créé une société. « Il a demandé des autorisations au ministère des Transports, et il n’a même pas besoin d’acheter des avions. Il va seulement les louer et transporter sa production et celle d’autres opérateurs », a-t-il expliqué.

Air Algérie devant de nouvelles difficultés

Par ailleurs, Rabah Fessih a révélé que la Banque extérieure d’Algérie (BEA), qui s’occupe de la plupart des opérations bancaires avec l’étranger, travaille sur un projet d’ouverture d’une succursale en France, et compte prendre une partie du capital d’une banque africaine pour pouvoir bénéficier de son réseau.

La création de ces entreprises privées pour le fret aérien va mettre plus de pression sur Air Algérie qui est en situation de quasi-monopole dans ce domaine. La compagnie aérienne, qui a subi de plein fouet la crise sanitaire, va se retrouver en concurrence avec de nouvelles entreprises. Une situation qui risque de coûter très cher à la compagnie publique, surtout que ces derniers temps, faute de voyageurs, elle s'est tournée vers le fret aérien pour sauver les emplois.

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