La dame continue à pianoter sur son ordinateur et annonce à Malik qu'il doit payer une différence de plus de 12 000 dinars. Ce qu'il trouve étrange, mais acquiesce en précisant qu'il n'avait pas une telle somme sur lui et qu'il devait aller à la maison pour apporter la somme demandée. Le système permet une pré-réservation d'une heure et Malik n'a donc que 60 minutes pour aller chercher la somme nécessaire. Étant un habitant de Tizi-Ouzou, il accepte le « deal » et se lance dans une course contre la montre. Il doit faire près de cinq kilomètres à pied pour récupérer la somme, car en bus, cela prendrait beaucoup trop de temps.

Malik finira par revenir avec la somme environ cinq minutes avant la deadline. L'employée d'Air Algérie reprend le site et commence à apporter les modifications nécessaires. À un moment, sa collègue l'interrompt pour un renseignement ou une concertation qui aura duré maximum deux minutes. Au moment où elle allait reprendre, le siège qui devait être réservé et confirmé a sauté. Deux petites minutes de distraction ont suffi pour que quelqu'un d'autre réserve la place.

La dame semble gênée et tente une explication à un Malik dépité. Il demande une autre date pas loin du 7 mai et la dame répond qu'il y a des places pour le 13 mai. Et de surprise en surprise, elle sursaute pour annoncer qu'une place vient d'être libérée pour le 7 mai. « SVP madame, réservez vite avant que quelqu'un d'autre la prenne, cette fois encore ! » Lance Malik mi-soulagé, mi-inquiet. Le sourire de la dame annonce la fin de la galère du jeune homme.

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Malik quitte l'agence à 13 h 05 et laisse derrière lui des dizaines de personnes. Beaucoup parmi elles vont quitter l'agence d'Air Algérie déçus ou mécontents. Des centaines d'autres vont revenir les jours suivants. Ils vont aussi vivre la galère des matinées glaciales, des réponses négatives frustrantes et des longues attentes. Cette situation dure depuis la réouverture partielle des frontières algériennes et elle se poursuivra, tant que les agences d'Air Algérie ne sont pas toutes rouvertes. Et seul un retour à la normale, comme cela était le cas avant la pandémie, pourra trouver des solutions à la gestion des agences d'Air Algérie.