C'est dans un contexte diplomatique très tendu entre l’Algérie et l'Espagne que cette dernière a entamé l’exportation de gaz vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) en sens inverse [1]. En effet, les premières livraisons ont été effectuées, mardi 28 juin, et cela en dépit des réserves de l’Algérie.

Ainsi, l'Espagne ignore les menaces algériennes de couper les livraisons de gaz si le Royaume le réexporte à un autre pays. Le royaume ibérique a donc entamé ses livraisons de gaz au Maroc. Un méthanier acheté par le Maroc sur le marché international est arrivé dimanche dans l’une des usines de regazéification en Espagne, ce qui a permis de lancer lundi l’exportation du gaz vers le Maroc via le gazoduc Maghreb-Europe en sens inverse, qui a été réceptionné mardi.

Concrètement, l'Espagne a exporté une faible quantité de gaz au Maroc. Seulement deux petits navires ont été déchargés dimanche dans les usines de regazéification de Huelva (28 000 mètres cubes) et de Carthagène (34 000 mètres cubes), affirme l'entreprise espagnole Enagas. Des informations confirmées par des sources gouvernementales espagnoles à El Periódico de la Energía. Ces sources précisent que cette quantité de gaz ne peut produire qu’environ 55 MWh d’énergie.

Le gaz acheminé vers le Maroc ne provient pas d'Algérie, assure l'Espagne

Cette même source veut éviter les foudres d'Alger. Elle a tenu à préciser que le gaz envoyé au Maroc ne provient pas d’Algérie. Des sources du ministère espagnol de la Transition écologique et du Défi démographique a assuré qu’un certificat sera délivré pour rassurer l’Algérie que pas une molécule de son gaz n’ira au Maroc et que l’interconnexion fonctionnera suivant les règles de l’UE.

Il faut dire que le démarrage de l'exploitation du gazoduc Maghreb-Europe (GME) en sens inverse pourrait pousser à l’escalade dans la crise diplomatique entre l'Espagne et l'Algérie. Alger qui a déjà décidé de réduire ses exportations de gaz vers l'Espagne, pourrait donc durcir ses sanctions. De son côté, l'Espagne qui veut satisfaire le Maroc sans pour autant déranger l'Algérie, réaffirme encore une fois que le gaz exporté vers le Maroc ne provient pas des exportations algériennes [2].